Espagne – Mon retour jusqu’au bout de l’enfer

Vendredi était le jour du départ. Mon point de chute était Avallon, lieu hautement sacré de mon enfance. D’après google maps, plus de 17heures de route et quelques 1700 kilomètres m’attendaient. Dans le plan initial, une nuit dans un hôtel était prévu au bout de 10 heures de route, mais ça c’était le plan initial.

Route

C’est à six heures du mat que le réveil a sonné pour ranger et nettoyer la maison, dur . Après une ultime douche glacée, je me suis mis à l’œuvre, les valises chargées, la maison rangée, la lessive faite. L’objectif était de partir à huit heures, ce premier objectif a été rempli. Je quitt mon lieu de villégiature espagnol pour m’engager sur les routes.

DSC_0890A la différence de l’aller, mon chemin me fait passer par l’est de l’Espagne. Je quitte l’autoroute de Madrid au niveau de Mazanares pour me diriger vers Valence. Les heures passent, les kilomètres défilent, Valence, Tarragone, Barcelone, Girone sont dépassés. Puis au bout de 11 heures de route, je fais ma première pause en territoire Français à quelques kilomètres de Perpignan. Je consulte Google maps allié aux différents réseaux d’informations routiers. Il restait huit heures jusqu’à ma destination finale. Huit heures, Je me suis dit la chose la plus absurde du monde :je peux le faire. Alors j’ai abandonné l’idée de l’hôtel et j’ai repris la route en me disant que ça me faisait gagner une nuit d’hôtel et en plus je pourrais me reposer le lendemain.

DSC_0905L’arrivée était prévue à 3 heures du mat. Je parie sur le fait de déjouer le GPS et que les bouchons annoncés disparaissent au fur et à mesure que la soirée avançait. J’étais remplis d’espoir. Je pris le premier tour pour deux heures de conduite. Je file sur la route mais le nombre de véhicules ne cesse de croitre pour arriver à un premier point culminant à Montpellier. Je tombe sur mon premier bouchon. 30 minutes annoncées, je le quitte en 15. Je fais un premier stop vers 21h30 entre Nîmes et Avignon. Le GPS est généreux, j’ai gagné une demi heure. L’espoir est encore présent.

Mon co-pilote reprend la route mais la nuit est tombée, la pluie s’abat sur notre véhicule, le nombre de véhicules a encore augmenté, nous sommes le weekend entre juillet et aout, beaucoup anticipent les bouchons du lendemain. La conduite devient impossible pour ma partenaire, son Redbull n’a pu éliminer sa fatigue, ses yeux l’abandonnent. Je reprends la main me sentant en forme. Je suis à plus de 500 km de notre objectif. J’ouvre ma canette de Redbull, son horrible odeur de Malabar dans les narines, j’en absorbe une gorgée en croyant très fort en son pouvoir électrisant.

DSC_0908De plus en plus de voitures, des camions envahissent la route, je maintiens une vitesse de 100km/h, je veux éviter les risques. L’espoir d’arriver avant 3 heures s’amenuise. Je suis debout depuis 6 heures. Mon copilote me fait part de son soutien sans faille. Nous allons affronter les heures et les kilomètres qui restent ensemble. Nous roulons alternant entre l’arrêt de la clim et sa reprise dû à la météo complètement instable, cela n’aide pas. Les kilomètres semblent interminables, nous arrivons à Lyon, mon copilote s’écroule de fatigue. Je suis seul face à la route. Ma partenaire tente de temps en temps de revenir mais les forces lui manquent. Je me fais flasher sur une zone à 90 alors que je roule à 110, c’est la merde. Nous quittons enfin l’agglomération lyonnaise, il est minuit trente. Je suis sur les nerfs, j’ai mal au ventre, je n’en peux plus. Un dernier arrêt avant la dernière ligne droite. Tous nos espoirs sont morts.

DSC_0911J’avance 110, 120km/h, le trafic se fluidifie enfin. Je passe Chalons sur Saone. J’ai l’impression que j’ai mis deux heures pour faire 100 km. Il ne m’en reste d’ailleurs que 100 à partir de Beaune. Les pires. Il est deux heures du mat, les prévisions du GPS étaient exacts. Nous avons tellement ralenti à cause du trafic, de la pluie et de la fatigue que nous sommes revenus dans les temps prévus. Sortie 22 – Avallon, enfin, nous y sommes. Je paie le dernier péage, épuisé. Mon copilote s’est réveillée dans les derniers kilomètres et lutte avec moi pour notre retour.

Je suis enfin garé chez mes parents, Je file dans ma chambre, me brosse les dents brièvement, choppe de vieille fringues à moi entreposées dans mes placards. Je m’écroule dans mon lit, mort de fatigue. Mais heureux, j’ai réussi. Mais ce sera la dernière fois.

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