Mon temps qui passe

Le temps qui passe. En sixième, ma prof de math nous avait dit que l’on regretterait ce temps assis sur nos chaises à regarder le tableau, à faire nos exos ou apprendre nos leçons. Cette affirmation m’avait marqué du haut de mes onze ans. Aujourd’hui, je pense qu’elle avait raison, qu’un jour ou l’autre, nous regretterions notre place dans notre salle de classe à rêvasser ou travailler loin de nos soucis d’adulte.

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Le temps qui passe. Tout me le rappelle aujourd’hui. G229 de Jean-Philippe Blondel que je viens de terminer de lire qui me rappelle qu’être enseignant, c’est être témoin privilégié du temps qui passe. Mon professeur de Math de Seconde me l’a fait remarquer, les élèves ne vieillissent pas d’année en année, ils ont toujours 15, 16, 17, 18 ans. Mais pour les enseignants la course du temps continue. Cette remarque m’avait marqué du haut de mes 15 ans et elle m’est revenue en pleine tête le jour où j’ai obtenu mon concours. Nous passons du jeune prof cool car proche d’eux au vieux prof con et chiant car proche de leurs parents.

Le temps qui passe, c’est aussi se rappeler que l’on était élève nous aussi, se demander ce que deviennent nos camarades, se rappeler de telle fille ou tel mec, est ce que j’ai fait mieux que celui qui se moquait de moi, qu’est devenu le meilleur de la classe, le cancre, celui dont on a oublié l’existence, et nos prof que sont-ils devenus?

Le temps qui passe. c’est aussi recevoir un texto de sa prof de français de sixième et de seconde qui vous parle d’une camarade pour qui le temps va s’arrêter. Ca vous jaillit à la gueule comme une vague que vous n’aviez pas prévu, ça vous éclabousse, vous rouspétez car vous dites que vous auriez pu l’éviter mais vous ne pouviez pas savoir, vous ne pouvez pas prévoir et vous vous retrouvez impuissant trempé jusqu’aux os. Alors vous vous rappelez avant, car cette impression que c’était mieux avant vous envahit. Le temps où j’étais son camarade de classe de la maternelle à la cinquième, où les spécialités scolaires nous ont séparés, pourtant nous étions toujours dans le même établissement jusqu’au bac. Elle, une option latin avec de l’allemand et une terminale L, moi moi de l’espagnol et une STT, tout nous séparait. Nous n’étions pas du même niveau à mes yeux. Pour moi c’était une tête, toujours calme, discrète avec de long cheveux blonds mais toujours dans le podium ou pas loin, je la connaissais, je savais qui elle était car sans la fréquenter, elle faisait partie de mon univers, elle était une camarade de classe.

Puis, j’oublie. Le temps qui passe. Puis on me rappelle à cette personne. On me dit c’est fini. Le temps qui passe. Alors je me souviens du temps qui passe. Je pense à ceux qui sont là, qui ne sont plus là, qui comptent, qui ont compté, qui sont importants, qu’il l’ont été, à mes amis, ma famille. Mais surtout que la vie continue, qu’elle est importante, qu’il ne faut pas la gâcher, qu’il faut en profiter car le temps passe toujours plus vite. Trop vite pour certains.

Une dernière fois, mes pensées s’envolent vers toi, Emmanuelle.

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