Mon état d’esprit

“Mais que s’est il passé?”

C’est la seule question qui me vient à l’esprit. Tout est brouillé, noir. Je ne ressens que de la douleur. Mon corps a été comme écrasé de part en part. Je ne sais même plus où je suis, quand sommes nous, qui je suis? Mon esprit n’est qu’un brouillard sans repères, sans souvenirs. Pourquoi suis je ici ? Que voulais-je réaliser?

Mes sens reviennent peu à peu. Je sens l’espace autour de moi. La froideur des lieux. Je suis assis contre un mur, les bras ballants le long du corps, la tête baissée comme un pantin désarticulé que l’on aurait jeté ici. Comme un objet que l’on aurait chercher à se débarrasser. Un objet sans intérêt.

Que s’est-il passé? Pourquoi mon esprit semble si embrouillé, je me sens si las, si fatigué. Sans pouvoir bouger, des souvenirs émergent dans mon esprit. Des souvenirs agréables qui semblent d’un autre temps, d’une autre époque. Doucement, mon cerveau fait le lien, le tri, ce qui m’a amené ici, les raisons de mon état.

Tout devient clair dans mon esprit. Je suis pris d’un rire nerveux, d’un rire de dément. Je me suis battu pour ça…pour rien. Les émotions m’envahissent et trahissent des larmes d’un désespoir profond qui éteignent mon rire. Je n’ai plus rien, j’ai tout perdu. Il ne me reste rien. Je pensais être capable de faire face, de lutter mais encore une fois ma tentative a échoué. J’ai été balayé comme un fétu paille pour m’écraser sur ce mur qui me sert de dossier.

Mon ouïe revient, des pas claquent au sol. On s’approche de moi. Je ne vois toujours rien, je ne peux pas relever ma tête, mon corps n’est qu’ecchymoses, mon esprit est brisé, mon cœur semble à peine battre alors que je le sens prêt à exploser.

Autant en finir, je n’ai plus la force ni de me relever, ni de combattre, tout est perdu. Je suis fatigué. Je veux abandonner.

Les pas semblent s’approcher. je suis résigné. Que la sentence s’abatte.

Tout un coup, je ressens quelque chose, je semble percevoir quelque chose. Une chose que je ne peux décrire, que je ne peux que ressentir. Des voix semblent me rappeler à l’ordre, me dire que rien n’est jamais fini, qu’il faut y croire, ce n’est rien : qu’il faut se relever et se battre à nouveau.

J’ai beau leur dire que je suis fatigué, ces voix ne semblent pas s’arrêter, plus nombreuses, plus fortes, plus inattendues. Puis je réalise qu’au fond, elles ont raison. Ce n’est pas la première fois. J’ai déjà connu cette sensation. je me suis relevé. Je me suis toujours relevé. Au fond de mon âme, je sens cette braise qui se consume faiblement mais toujours présente.

Je replis mes jambes vers moi, appuient mes bras sur ce mur qui me tenait assis. Je tente de me relever. Mon corps entier me fait mal. J’ai envie de hurler. Mes os craquent à chaque mouvement. Mes muscles se déchirent sous leur propre contraction. Mon cœur me donne l’impression qu’il va exploser. Tout n’est que souffrance.

J’arrive à me relever, le dos appuyé sur ce mur. Les pas claquent, résonnent. Ils semblent de plus en plus proche. Il faut que je me tienne prêt. Je tente de quitter mon appui. Je sens mes jambes pliées sous mon poids mais elles tiennent. Je suis debout sans appui, j’ai l’air d’un homme ivre. Je ferme mes poings, tente de replacer mes pieds en les faisant glisser sur le sol. Je dois me tenir prêt. Il approche quoi que ce soit, qui ce soit, il approche.

Je suis debout, branlant mais debout. Les voix ne cessent de m’encourager. il faut que je retrouve la foi. En quoi je ne sais pas mais il le faut. Les pas se sont stoppés. Il est tout prêt. Je sens qu’il est face à moi. Je relève la tête enfin. Mes yeux ne voient rien. Juste la pénombre mais ils distinguent une forme. Je sers les poings.

Je suis debout, je ne tremble plus. je suis prêt. Mon regard retrouve son éclat d’un coup. Je vois. Je fixe clairement ce qui me fait face. Tout est clair. Je vois mais je vois aussi ce qu’il y a derrière. Ce qui me semblait insurmontable, n’est qu’un obstacle à passer, à surpasser, à écraser pour continuer vers la lumière, vers la sortie, pour continuer ma route.

saintsieyperte5sens

Je me tiens prêt à foncer, à donner tout ce qu’il me reste pour passer. Je ne peux pas perdre. Pas maintenant, je dois être plus fort.

Car maintenant, je dois avancer.

Quoiqu’il arrive.

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