[CONCOURS-3ème] Son texte avec la plus grosse galère

Nous commençons le top 3. Voici les trois textes qui nous ont plus plu parmi les huit reçus. Nous commençons avec le numéro trois de notre top : Béatrice. Elle nous compte une mésaventure de son quotidien Sénégalais où un simple achat devient une vraie aventure.

Je crois que je me dois de vous raconter cette petite anecdote, qui reflète mon quotidien ici à Saint Louis.

J’ai eu envie de faire quelques aménagements dans l’appartement et il me fallait trouver de la peinture grise et quelques vis, chevilles, crochet et ficelle noire…mais comment me procurer tout ce petit matériel ? Par chance, il y a à Saint Louis un magasin « la Seigneurie » qui vend des peintures de toutes les couleurs (ils les fabriquent sur place à partir d’un nuancier très complet) et ce magasin est justement situé dans le quartier des quincaillers ! Quelle aubaine ! Par précaution, Guillaume appelle M. N’Daow le gérant de la Seigneurie pour le prévenir de mon passage en début d’après midi. Celui-ci répond qu’il est à Dakar mais me conseille de m’adresser à MR N’Diaye qui répondra à toutes mes questions et attentes…Tout s’annonçait donc parfaitement bien….

marchand-ambulant-senegal

Mais…car il y a toujours un mais en Afrique, voire deux ou trois d’ailleurs…Mais je n’avais pas prévu que cela prendrait autant de temps.

Je suis partie en taxi dans ledit quartier pour trouver la porte de la Seigneurie fermée… En face, de l’autre coté de la route, je vois 3 Sénégalais portant sur leur polo rouge le logo de « La Seigneurie ». Ils sont assis à moitié en train de roupiller. Je m’adresse à eux et j’apprends que le magasin n’ouvre qu’à 15h (Merci au passage à M. N’Daow qui ne m’a pas précisé ce genre d’information au téléphone) et que seul M. N’Diaye est habilité à ouvrir le magasin car c’est lui qui a la clé (hiérarchie oblige…). Il s’est absenté mais devrait bientôt revenir. Du coup je me dis que je vais aller dans la quincaillerie d’à côté faire mes petits achats… Je rentre dans le petit magasin et je trouve les 2 vendeurs couchés sur leur natte, en train de faire la sieste…ils me disent que ça ouvre à 15h (pourtant c’est OUVERT, je suis dans le magasin !!) mais que je peux patienter en regardant la télé …un film passionnant avec Chuck Norris qui tue tout le monde à mains nues, même les serpents….

Je bouillonne, vous pouvez facilement l’imaginer… mais j’essaye de me calmer en me répétant « Béa calme toi, ici la vie n’est pas aussi speed qu’en France, reste cool et zen et essaye d’être Twanquil comme on dit ici ! »….

A 15h05, ne voyant rien bouger, je demande aux 3 gars de la Seigneurie quand M. N’Diaye devrait arriver. « il est à la banque, il va bientôt venir » me répond-on…

Je retourne à la quincaillerie pour voir si les 2 vendeurs avaient eu le courage de se lever…et je les dérange pendant leur déjeuner…ils sont en train de partager une grand plat de riz avec 2 autres vendeurs de la boutique voisine…je patiente encore 20min, et l’un des vendeurs vient enfin au comptoir me demander ce que je désire, à savoir 4 vis et 2 crochets…qu’ils n’ont pas ! Il m’indique alors d’aller chez le voisin…en allant chez le voisin, je repasse devant les 3 de la Seigneurie et là, j’avoue, je perds un peu mon calme et insiste :

– « bon, là écoutez ce n’est pas sérieux, j’ai appelé votre patron ce matin pour dire que je passais en début après midi, le magasin doit ouvrir à 15h, il est plus de 15h30 et toujours pas de M. N’Diaye en vue »

et eux, impassibles, de me répondre :

– « ben vous pouvez lui téléphoner »

– « heu…non, je n’ai pas de téléphone, ce serait plutôt à vous de l’appeler…merci bien ! …en attendant je vais chez le quincaillier voisin… »

Et là, dans cette quincaillerie, oh miracle, je trouve tout ce dont j’ai besoin : vis, crochets, chevilles, cordelette noire et même un mètre ruban …Bref, le bonheur…bon, ça a mis plus de 25 min pour réunir tout cela et faire le calcul mais c’est POSITIF, je sens que j’avance !!!

Je sors, il est 16h, les 3 employés m’assurent que N’Diaye est sur la route et qu’il arrive…effectivement il arrive 15 min après…ouf, me voilà sauvée !

Je traverse la route à sa rencontre, suivie des 3 employés…on se dirige tous vers la porte d’entrée, fermée par un volet roulant sécurisé en bas par un cadenas enfoncé dans un crochet au sol….et là, je vois mes 3 gars en polo rouge fixer le cadenas pendant que n’Diaye leur dit quelque chose…ça a l’air important, ils ont tous l’air très concentré….l’affaire est sérieuse…

Je comprends très vite qu’ils sont partis déjeuner et ont fermé le cadenas en laissant la clé dans leur bureau…

16h20…ils regardent toujours le cadenas…

16h25…il faut faire quelque chose et décident d’aller chercher un voisin qui a une scie à métaux

16h35…le gars arrive avec sa scie à métaux, son jean sous les fesses, la casquette enfoncée visière sur le coté, les lunettes de soleil et la démarche « intelligente »….

16h45…on a enfin trouvé une rallonge permettant de brancher la scie à métaux chez les voisins…

Et là, une grande discussion commence, un « brain storming » incroyable pour décider s’il faut scier le cadenas ou le crochet fixé au sol pour libérer le volet roulant…

16h50 le gars à la scie à métaux a une idée lumineuse, il prend un gros marteau, donne un coup sec sur le cadenas….et il casse le carrelage….le cadenas ne cède pas…on s’en serait douté !

Bon, là moi j’avoue que j’avais du mal à garder mon sérieux et que je commençais à me dire que j’étais en fait piégée pour la caméra cachée …mais non !

17h00 : ils décident de scier le cadenas…c’est fait en 1 min et à 17h01 je rentre dans le magasin !

Ensuite tout est allé très vite, j’ai trouvé exactement la couleur que je cherchais et ils m’ont préparé le mélange en 10 min…

Comme quoi, le plus compliqué n’était pas de trouver cette fameuse couleur…mais de pouvoir entrer dans le magasin…qui aurait pu le croire ?

Voilà, je voulais partager avec vous cette petite anecdote du quotidien au Sénégal où chaque entreprise demande une énergie et un calme considérables….

J’espère en tous cas avoir réussi à vous faire sourire un peu…et pensez à moi quand vous irez chez Leroy Merlin ou M. Bricolage!

Mon retour : Une histoire improbable mais vraie. J’ai été absorbé par cette aventure africaine entre rire et surprise, jusqu’au bout je me demandais comment allait terminer l’aventure de Béa. Bien écrit, épique de par la nature de l’histoire. Alors pourquoi troisième car je suis revenu au thème : “faire passer un évènement banal en moment épique” et ici l’évènement est par nature épique, c’est son seul défaut. Mais cela reste un très bon moment de lecture.

Mon double Maléfique : Une descente aux enfers très agréable à lire. plus je lisais, plus j’ai eu envie d’en savoir plus. Le texte m’a porté jusqu’au bout et la chute est plutôt sympa. +1 pour la petite phrase de fin !

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