[Concours-2ème] Son texte à la gloire d’un vêtement passé

La suite de notre podium. Voici notre médaille d’argent qui nous ont plus plu parmi les huit reçus. La seconde place est accordée à Stéphanie. Elle nous écrit un ode à la gloire de son jeans disparu à jamais.

Mon histoire décousue

Le temps des cerises…

2 ans…

2 ans d’amour, de galère, et quinze jours de rafistolage jusqu’à ce que je sente l’air caresser ma cuisse (ça c’est pour rester correcte) un mardi 24 mars avec une brise légère de printemps, un souffle un peu frais qui m’a fait réaliser que mon pantalon était bel et bien en train de me lâcher comme le merle moqueur !

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Mais pourquoi ?

Ni une, ni deux, je me suis dit que voilà c’était comme ça, je l’ai aimé, porté, lavé, séché, il fallait bien qu’il craque un jour. Un premier trou au genou, pas grave, j’ai mis le prix, il faisait vintage. J’ai toujours eu un faible pour les balafrés, il devenait parfait. Je l’ai aimé encore plus ! Ma copine Hélène, admirative du travail réalisé en avait elle-même rêvé, elle a d’ailleurs noté l’adresse de mon sauveur de jeans.

Un second trou en direct live de la salle des profs, et me voilà qui commence à faiblir, les souvenirs rejaillissent et pendant ¾ d’heure je parle de mon jeans à mes collègues tentant de cacher sa nouvelle plaie de plus en plus béante et espérant qu’il va tenir jusqu’à la fin de mes cours ! Il tient, un vrai petit soldat et j’ai un plan B en tête. 

En effet, à la maison, je sors la boite à couture, plan B comme boite…une fois n’est pas coutume, j’en profite pour scotcher mes fils qui pensaient que leur mère avait acheté les bobines de fil pour jouer avec le chat, un œil fermé, la langue tirée, concentrée à faire entrer le fil dans le chat (de l’aiguille), position tenue jusqu’à ce que j’ai enfin fini de raccommoder mon précieux, je réussis à le recoudre.et à lui offrir un nouveau sourire.

Toute fière je l’enfile à nouveau.

Ah, mon Jean…

Je me souviens de notre rencontre, fin février 2012, dans une petite boutique rue d’Antibes, de mon hésitation à demander d’essayer un denim aux vendeurs balayant du regard chaque chaque pendant sans rien trouver à mon gout…

Et puis sur un cintre, je l’ai vu. Il avait de grandes poches, une coupe travaillée, un air rebelle, c’était une carotte.

Il était fait pour moi !

Je demande immédiatement à l’essayer. On cherche d’abord l’équivalent d’un 36, puis d’un 34, d’un 32 ??? 

-“Ca existe ?”

La taille improbable. On me sort un taille 23 américain. Oui, ça existe.

Je l’ai porté à de nombreuses occasions, avec des escarpins, des docs, des bottes, des vestes smoking, tee-shirts…

Le jeans parfait.

Il a fêté des anniversaires, a reçu du cirage noir, s’est couché tard, levé tôt. Il a fait des kilomètres, a connu de grandes chaleurs (celles du séchoir qui après réflexion ont eu raison de sa robustesse). Bref, le jeans parfait !!!

Mais ce mardi 24 mars j’ai bien dû me rendre à l’évidence. Mon Jeans n’était plus. Je savais qu’il ne se trouvait plus en magasin.

Oui mais sur Internet on trouve tout !

Vive la toile !

Les références en main (à ce jour mon jeans est toujours à la maison, je n’ai pas pu me résigner à m’en débarrasser), je saisis les chiffres magiques et je tombe sur son clone. Evidemment je le commande.

Bon, une taille au-dessus pour être honnête, j’ai quand même arrêter de fumer je fais au moins du 33. Et j’attends, je rentre même le midi au cas où le facteur sonnerait…

Mais le facteur n’est pas passé.

Donc, aujourd’hui avec le numéro de colissimo, je file à la poste, je connais la guichetière, elle compatit (elle aussi elle a du en connaitre des Jeans biens), et tapote sur son ordi, enfin on le trouve. 

Il a été livré le 31 mars !

Elle m’imprime le suivi TRACEO. J’appelle le 3631, touche 4 (y en a un paquet de touches pour avoir le bon service), l’enquête peut commencer…

Une dame m’annonce que mon colis était receptionnable (néo ?) sans signature, que le facteur s’est sans doute planté… Elle me demande comment j’ai eu tous les renseignements et je lui indique que ma poste de quartier m’a gentiment imprimé le traceo.

hum, elle tique et me dit qu’ils n’ont pas le droit de le faire…Que je détiens un papier obtenu frauduleusement…Mais bon, c’est fait, c’est fait.

Je regarde la facture, pfff, j’habite le 30, mon colis était adressé au 31.

Elle me demande de traverser la rue pour voir si en face de chez moi c’est une maison individuelle parce que dans ce cas le facteur ne regarde pas le nom et insère directement le courrier dans la BAL. 

Non, il y a plusieurs appartements. OK, faut aussi regarder s’il n’y a pas un homonyme. Non, toujours pas. Bon, ben le facteur s’est planté. Et il va être « entendu ». Je demande ce que cela signifie, et bien, il va être convoqué lundi…

Gloups.

Radical dans les PTT (pour les djeun’s petite remarque importante, ça veut pas dire pétés de tunes mais poste, télégraphes et téléphone, ne cherchez pas à comprendre c’est du vieux français)

Je rentre et là, je me rappelle que ma Bal est cassée depuis que j’habite au 30.

Toujours pas réparée…

Mon jeans, on a du me le piquer…

L’angoisse, un voisin malhonnête, un facteur sermonné, ça commence à chiffrer.

Je tourne les talons.

Dépitée, je retourne rue d’Antibes. Je ne vais pas rester comme ça sans rien faire ! Direction, le temps des cerises. J’veux du gai rossignol maintenant, ça va bien les mauvaises nouvelles. Je pousse la porte, tombe cette fois sur un charmant vendeur, et lui évoque directement ma recherche. Je cherche une photo sur mon téléphone, je lui montre…Il m’a surement prise pour une illuminée mais reconnait l’objet de convoitises.

-“Ah… Le solwa, je vois, je vois, on n’en fait plus…”

Ben tiens…

J’veux un jeans serré aux chevilles, large aux hanches, avec de grandes poches, un peu rebelle taille 24 parce que j’ai arrêté de fumer. J’ai répété ça tout le long du chemin pour qu’on ne me dupe pas. Il a un autre produit à me proposer.

Taille 24.

-“Ouais, mais c’est pas la même coupe, hein ? C’est ça ???”

Et si on essayait la taille 25 ? 26 ? 27 ?

Grrr !

Voilà, dans mon sac LTC, je repars avec un nouveau denim, un nouveau compagnon, d’une autre taille, 27. Faut savoir tourner la page. Accepter qu’avec le temps, les choses changent, arrêter d’être bornée et voir plus large…

J’en suis quand même bientôt à mes 40èmes printemps…

Mon retour : Voici un texte drôle avec un ton décalé sur un objet plus que banal : un jean. Stéphanie a su trouvé un ton particulier sur son texte entre aventure épique pour retrouver son jean et nostalgie. J’ai vraiment aimé ce texte et j’avoue que pour le choix de la première place cela a été très difficile.

Mon Double Maléfique : Un article sur un jean… Tout simplement. Pourquoi ne pas y avoir pensé avant ? Un texte épique et bien écrit racontant le passé le présent et le futur d’un futal, c’est franchement bien trouvé. De plus, on peut y déceler une critique (autocritique ?) sur le cliché de l’addiction des nanas envers des choses aussi futiles qu’une fringue. Simple, efficace, intelligent.

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