Mes enfants qui n’en sont plus

Samedi. L’entrainement de Taekwondo bat son plein. Les doboks claquent, les cris se font entendre, les pratiquants souffrent sous l’égide du professeur qui ne leur laisse aucun répit. Je suis dans le vestiaire, je plie mes affaires, j’ai terminé mon entrainement plus tôt que les autres. Ma cheville, mon genou sont sensibles, je les sens incapables de tenir la distance. Je préfère m’abstenir, éviter les risques.

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Avant de partir, je passe dire au revoir. Je passe faire la bise à ma chère Typh. Ma petite Typhaine qui s’entraine avec nous depuis des années. Le temps passe. Elle n’a plus 10 ans. Elle a grandi. Elle passe son bac. La vie continue. Je ne mesure pas les conséquences de la vie. C’est son dernier cours avec nous. Officiellement.

Le bac, les vacances, les études loin de Reims, la vie en somme.

Typh nous quitte. Les larmes, l’émotion. Tout ça est monté. C’était beau et triste. Beau car c’est touchant, triste car ça pince le cœur. J’étais un spectateur de cette scène. Je suis toujours aussi incapable de me montrer mes sentiments. Ca me fait toujours aussi bizarre. Je l’aime cette petite. C’est ma cadette, mon kohai si tout ceci était un manga. Je l’ai vu grandir, progresser, me reprocher ma barbe car ça pique quand elle me fait la bise. J’oublie vite que la vie au club est une seconde vie, que les gens y passent mais n’y restent pas forcement. Je connais des mecs, des filles sur ce tapis depuis leur adolescence, depuis leur enfance, depuis des années. Je les vois grandir, progresser, s’affirmer, nous quitter.

Parfois revenir.

Les années passent, je vieillis irrémédiablement. La course du temps sans fin ne semble pas vouloir s’arrêter pour moi, ni pour personne. Elle ne s’arrêtera pas. Malheureusement…ou devrais-je dire heureusement. N’est-ce pas cela qui enrichie la vie : l’expérience. Les jeunes pousses grandissent et je ne les vois pas grandir. Mais j’essaye de les aider à le faire avec plus ou moins de réussite. C’est mon rôle d’adulte.

Tout cela va toujours trop vite, c’est ce qui est dommageable. Quand ils nous quittent pour aller voir plus loin, pour monter plus haut que nous sommes montés, il est trop tard pour faire le bilan, pour se poser et se dire que c’était bien. Tout va trop vite. Les jeunes nous quittent, à peine le temps d’un adieu et ils sont déjà loin vers de nouvelles contrées, de nouveaux lieux, de nouvelles vies.

C’est la vie, la vie du prof, la vie de l’adulte, la vie tout court. Voir les gens, les croiser, les aimer, partager avec eux, grandir avec eux, apprendre d’eux puis les quitter.

pour mieux les revoir comme avant et enfin tout recommencer.

Autant que possible.

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