Chapitre ## : Un simple regard – Acte 1

Cette nouvelle est une fiction en quatre parties.

Ce soir, je suis sorti tard du travail. Il est plus de 20 heures, je suis encore en retard. J’ai pris cette mauvaise habitude de quitter mon bureau à la fac tardivement. Un moyen comme un autre pour oublier mes problèmes. Entre mon ex-petite amie argentine ou mon appart qui ne se vend pas, j’ai besoin de me vider la tête au travail. Je prends tout ce temps pour remplir des tonnes de papiers administratifs. Tout ça  afin d’ouvrir ce master finance que l’université désire tant. Quand ce n’est pas ça, c’est pour corriger les copies de mes étudiants de Licence, un vrai sacerdoce. Je me noie dans le travail pour éviter de perdre pied dans mon quotidien.

1bar_an

Mais ce soir, j’ai complètement oublié le rendez-vous prévu de longue date. Je dois rejoindre au plus vite mon frère et mes amis, ils m’attendent depuis 19h30. L’anniversaire de Louis est le point de départ des vacances et l’ouverture de la belle saison. Une sorte de tradition idiote que l’on suit depuis que l’on a quitté les bancs de l’université pour la vie professionnelle. Une excellente excuse pour faire la fête et parfois se mettre minable. Certaines choses sont immuables.

Sur la route, j’ai le droit à un rappel et des dizaines de texto me disent que je rate la soirée du siècle. Guy, mon frère cadet me presse pour me dire qu’à ce rythme j’arriverai à la fermeture et que je devrai le ramener plus éméché que d’habitude. Je me dépêche pour filer au Baril…

Le baril est un bar que mes amis et moi avons découvert ensemble, il y a 10 ans. Il ouvrait quand le dernier d’entre nous quittait définitivement la fac. Des bières fraîches et un café pas trop dégueu en fait un bon spot pour passer la journée et s’installer sur la terrasse. Pour moi, c’est l’endroit idéal pour corriger des copies ratées d’étudiants tout en fumant mes clopes. Surtout cela me permet de m’échapper de l’université ou de mon appart quand ceux-ci deviennent oppressants. En face, il y a le Mixeur, un bar à étudiant à la mode où du jeudi au samedi, les masses estudiantines viennent se tasser pour oublier la déconvenue aux examens, fêter la fin de la journée ou tout autre prétexte sans importance qui mériterait qu’on lève un verre pour lui.

J’arrive enfin au Baril. J’ai plus de 50 minutes de retard. Les amis m’accueillent, les remarques sur ma tradition du retard fussent. Louis fête dignement son anniversaire, le verre le tient plus qu’il ne le tient lui-même. Nous sommes de la même promo. Beau gosse, 35 ans, une famille, j’ai presque envie de dire qu’il lui manque le Scenic et le chien. Mais je le trouve beau, je l’envie presque car de mon côté j’ai l’impression d’avoir tout foiré. En même temps avoir dégoté une copine Argentine quand je vivais sur Paris pour lui imposer de venir se geler dans l’est de la France. Je ne peux pas dire que j’étais des plus inspirés. Mais ma passion pour les casses burnes a fait le reste…

 

A suivre.

Publicités

4 commentaires

Sinon, tu peux laisser un commentaire.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s