Chapitre ## : Un simple regard – Acte 3

François est à une soirée  d’anniversaire avec ses amis. En sortant du bar pour prendre l’air, il croise le regard d’une jeune femme qu’il n’est pas près d’oublier.

Pour lire la partie 1et la partie 2.

Avant de me lancer, je me rallume une cigarette. Je ne sais pas si c’est pour prendre un air sérieux ou du courage mais en tout cas, elle me permet de reprendre un peu d’assurance.

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– Que deviens tu?

– Je suis en Master 2 en Contrôle de gestion.

– ah oui, d’accord.

Je réalise pourquoi je ne l’ai plus recroisée. Le hasard des groupes de TD puis le choix d’un master qui n’est pas de mon ressort. Mais au fond, je m’en fous. Je suis planté là, je la vois face à moi, discutant de rien et de tout mais surtout de rien. Son regard planté dans le mien ne me laissant pas le choix de la fixer comme si ma vie en dépendait. Elle ne me laisse aucun répit. Mais son regard en dit long sur ses intentions. Je ne peux pas me mentir, elle est jolie, elle me plait. Je ne sais si c’est moi ou si c’est l’impression qui se dégage d’elle mais je ne peux pas quitter son regard, j’ai l’impression que si je la quitte des yeux, le malheur du monde entier va s’abattre sur moi.

Puis en y réfléchissant bien, je n’en ai surtout aucune envie. Ses yeux sont plaisants à regarder. Les barrières que je me suis fixées tombent une à une. Je tente de me raisonner, de me dire que c’est une étudiante, qu’elle est jeune mais rien n’y fait. Je ne peux pas m’empêcher de rester là à l’écouter, à dialoguer avec elle. J’avais pourtant une échappatoire, ma clope est finie et mes amis m’attendent. Mais non, je ne bouge pas. Puis tel un sauveur, Richard vient me chercher ne me voyant pas revenir. Il nous coupe et m’incite à les rejoindre au Baril.

– On t’attend, mec, tu viens ?!

– Euh… oui, j’arrive. Ravi de t’avoir revue…. euh… Et bien, salut.

-Salut. A bientôt ?

Cette interrogation est lourde de sens. Je le sais, je le sens au fond de moi. Pris au dépourvu, je lui réponds le plus simplement ou plutôt, le plus idiotement du monde.

– Oui, oui, à bientôt.

Je rejoins mes amis et la soirée. J’ai perdu mes repères, Richard m’a extirpé d’une situation improbable et j’ai balancé la réponse la plus bateau du monde. Je la quitte en regrettant chaque pas qui me conduit à l’intérieur du Baril. Cette étudiante inconnue reste là sur le trottoir du Baril et me regarde partir avant de rejoindre ses amis. Je retourne parmi les miens. Le degré d’alcool a pris le dessus sur mes amis mais je ne suis plus avec eux. Je suis ailleurs. Je pense à ce qui vient de se passer, tentant de me raisonner ou ne pas réfléchir.

A suivre.

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