Chapitre 1 : Un dernier regard–Acte 2

Pour lire l’acte 1.

En crachant ma fumée vers le plafond, je n’arrive toujours pas à réaliser. Celle que je considérais comme unique, comme le seul amour de ma vie, renvoyant mes ex au fin fond du tartare, venait de me quitter. Tout ça  surement pour un connard sans cervelle. Un beau gosse qui se la raconte. Un mec qui a investi plus dans son apparence que moi. Le genre de mec avec un bagou digne d’un gamin seize ans qui aurait trouvé le bon plan pour lever de la gonzesse, le genre de mec dégueulasse à qui je ne serre pas la main. Bref un connard de plus sur cette planète… enfin peu importe du moment que c’est une personne que je peux détester, c’est parfait.

perdonna-si-te-llamo-amor

Mon portable sonne, je n’ai pas envie de répondre. Je regarde pour savoir qui m’appelle. Guy. Je laisse sonner.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Je croyais que l’on s’aimait que quand c’était fort, indestructible, que c’était pour toujours. Puis je repense à ce qu’elle m’a dit. Ce qui m’a blessé. Ce qu’elle pensait. Tout ça est peut-être de ma faute après tout. Peut-être qu’elle a raison. J’étais absorbé par mon travail, j’ai laissé le fossé se creuser, je n’étais plus là. Je l’ai oublié. Quand on oublie les gens que l’on aime, les gens vont chercher l’amour ailleurs. J’ai réagi trop tard, je l’ai laissé s’échapper. Tout ce que je peux faire c’est me souvenir. Même si ça fait mal, il faut bien commencer pour se poser les bonnes questions pour sortir de ce marasme.

Le chat ne me lâche pas, c’est curieux comment cette bestiole a toujours été la quand ça n’allait pas. Je me souviens qu’elle avait veillé sur Marianna durant deux semaines quand elle avait dû s’arrêter de travail suite à une mauvaise grippe mal soignée. C’était il y a deux ans. Je me mets à penser à elle. Marianna… Six ans de vie commune. Putain de merde. Ma clope est finie, je l’écrase où je peux. Je souffle pour l’éteindre. La chambre empeste le tabac. Je crois qu’au fond je m’en fous. J’en rallume une.

Mon portable s’illumine. Un message. Guy. Encore. Il me demande ce que je fais. Mon frère est lourd quand il s’y met. Il déteste que je ne réponde pas au tel surtout que je suis toujours dessus selon lui. Trop. Je sais quoi répondre, je n’ai pas envie. Je retourne à mes pensées.

Je l’avais rencontré à Paris. J’avais 28 ans. Elle, 25. Je travaillais pour la fac comme contractuel. J’avais réussi à me faire embaucher à Dauphine pour préparer ma thèse après 3 ans à donner cours pour l’éducation Nationale. Le lycée ne me plaisait pas, je voulais enseigner à la fac. Je finissais ma thèse sur le contrôle des couts dans les entreprises de jeux vidéo. Elle  travaillait pour une boite argentine récemment installée en France. Elle venait de Buenos Aires et malgré ces trois années en France, elle avait conservé son accent argentin qui lui donnait tout son charme. Elle était la latine incarnée. Brune, les cheveux longs, des yeux de chats d’un noir profond. Un caractère sanguin sans pareil, ses colères contre l’impolitesse des français, notre lenteur administrative ou n’importe quoi qui pouvait l’énerver ont fait le tour de Paris…

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