Hommage

Le ciel est couvert. Gris. Nuageux. Le silence est dans l’air. Lourd et pesant.

La cloche tonne. Je me redresse comme pour être au garde à vous, entouré de deux de mes amis d’enfances. Nous sommes venus pour un dernier hommage car c’est la seule chose que nous pouvons faire, être présent. être là, juste là. Juste pour affronter ce que la vie nous offre de pire.

Ils arrivent, j’aperçois sa maman, ses sœurs, je l’aperçois lui. Mon ami. beau comme un dieu dans son costume. Il lui ressemble tant. Mon cœur se serre. Je veux être fort pour lui car je suis l’ainé car je suis venu pour lui et pour être celui sur qui on peut se reposer. C’est le rôle que je dois avoir.

Le silence se fait plus lourd, plus dur. Je regarde le cérémonial qui se déroule lentement devant moi, tout semble aller au ralenti. Je me souviens, je me rappelle. Depuis quand je connais cet homme? Ce père, le père de mon ami. Depuis toujours, aussi loin que mes souvenirs me portent, je l’ai toujours vu, toujours connu. Cet homme qui me paraissait si grand, si immense du haut de mes six ans. Je me souviens des moments passés chez lui, à fêter un anniversaire, à regarder cette voiture américaine, le voir se baigner dans la piscine, â être impressionner par son bureau rempli de musique que je ne connaissais pas, je me souviens de magazines masculins que mon ami sortait tel un trésor,  je le vois accepter ou pester nos conneries d’enfants, d’adolescents… je me souviens que j’ai passé régulièrement ces 30 dernières années à le croiser, le voir, à m’offrir son hospitalité dans cette demeure qui était la sienne.

Puis je me souviens de ce barbecue d’il y a deux ans, en 2012. Chez lui, nous avons discuté, parlé de quoi de qui je ne sais plus mais je me souviens que j’avais aimé cette discutions, cet échange, un échange avec un monsieur cultivé et intéressant, avec le père de mon ami qui ne voyait plus les enfants que nous étions. Je suis heureux d’avoir eu cette discussion, moi qui a été si timide et intimidé quand j’étais plus jeune. C’était un bon moment.

La cérémonie est sobre, ils sont tous beaux, tous digne. Je me sens toujours ce petit enfant de six ans quand je viens rendre un dernier hommage. Toujours impressionné, il semble toujours aussi grand. Je me sens si gauche… j’aurais voulu faire plus, n’importe quoi…

Puis je retrouve mon ami, il lui ressemble tant, c’est le fils de son père, on ne peut pas en douter. Nous sommes chez lui, entre amis avec sa famille, nous partageons des souvenirs, nous partageons sa mémoire, nous discutons, la vie reprend sa place sans effacer la douleur. Je ne peux m’empêcher de regarder ce qui m’entoure, cette pièce que je connais par cœur, de regarder ses tableaux comme pour m’imprégner de chaque détail, une fois encore pour ne rien oublier.

C’était une longue et dure journée. Une triste journée mais il faut que nous avançons pour eux, pour ceux qui sont partis, pour les rendre fiers en faisant de notre mieux pour être heureux, nous rendre meilleur, pour faire ce que nous aimons, pour tracer notre propre chemin et ne pas abandonner. Je vais essayer, nous allons tous essayer.

Monsieur, je suis heureux de vous avoir connu. Je suis fier et heureux d’être l’ami de votre fils depuis toutes ces années et celles à venir.

Merci.

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