Chapitre 2 : Des regards Amicaux–Acte 3

Je me lance, je regarde mes amis qui ont pour moi des regards sur lesquels je peux m’appuyer, des regards emplis d’amitié, de tristesse pour moi, des regards sincères. Je leurs explique que j’aime Marianna mais qu’elle est partie. Qu’elle ne reviendra pas, qu’elle m’a laissé, que c’est définitif. Qu’il faut que je vende cet appartement devenu trop grand pour moi, trop pleins de souvenirs, de projets, pour quitter ma vie avec elle et repartir. Mais que je ne sais pas quoi faire, comment agir, je veux comprendre pourquoi elle m’a quitté, pourquoi m’abandonner, pourquoi, pourquoi… Ma voix tremble car je réalise en parlant que j’évoque une personne dont je connaitrais plus le goût des lèvres, ni l’odeur de la peau, avec qui je ne rirai plus de bon cœur sur des choses qui ne faisaient rire que nous, que ce monde dans lequel j’ai vécu, que j’ai construit, a disparu pour toujours, à jamais….Des larmes me montent aux yeux plus mes paroles parlent de passé révolu, de présent qui n’est plus actualité, de futur anéanti … Une main s’abat sur mon dos me coupant dans mon discours dépourvu d’espoir. Marie-Emilie vient me prendre dans ses bras comme pour me rattraper, me serrant très fort. Une jeune femme de 23 ans réconforte l’enfant de 34 ans que je suis devenu, un enfant perdu, qui ne sait plus rien, qui a tout perdu.

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Marie-Emilie passe sa main dans mes cheveux, me dit de me calmer, que ce n’est rien que cela va passer. Un silence s’abat sur la pièce. Gaspard s’approche de moi me dit que tout va bien, que ça prendre du temps mais que je peux compter sur lui. Louis, Guy et Richard ne disent rien. Tous laissent passer le temps en attendant que celui-ci fasse son œuvre. Marie-Emélie me regarde de ses yeux bleus pour me lancer

-« Peu importe ce que tu penses mais elle a toujours été dure avec toi » reprend Marie-Emilie. Il est temps de détruire la figure de l’être aimé. Trouver des défauts pour que je lâche prise. Marie-Emilie était la première à l’accueillir ici. Elle était ravie de la rencontrer. Elle n’avait pu venir sur Paris me voir durant les deux premières années où j’étais avec Marianna. Je lui en avais parlé en long, en large et en travers. Elle était heureuse pour moi, « enfin, une fille bien » me répétait-elle. A notre arrivée, ici Marie-Emélie était toujours avec, l’aidait à se sentir bien, lui proposait de sortir. Bref elle voulait que Marianna se sente chez elle. Puis, la jalousie…. J’étais proche de mon amie, trop proche pour Marianna et malgré les efforts de Marie-Emilie. Marianna refusait de plus en plus de la voir, de partager des moments ou refusait ses propositions, me reprochant de plus en plus de choses vis à vis d’elle. En particulier mon affection pour ma jeune amie. Elle était jalouse, je prenais ça pour une preuve d’amour. Marie-Emilie ne voyait pas les choses ainsi, elle essayait de me prévenir que Marianna abusait de ma gentillesse en tentant de me couper d’elle, me faisant des reproches sur moi, ma façon d’être. On se voyait moins mais on se voyait toujours. J’avais privilégié la fille que j’aimais.

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