Chapitre 2 : Des regards Amicaux–Acte 4

Guy enchaine sur les paroles de Marie-Emilie appuyant sa thèse sur le fait qu’elle n’était pas toujours sympa avec moi, qu’elle semblait s’intéresser à ce mec. Il se veut rassurant, il veut que je me bouge, que je l’oublie, là, tout de suite mais ce n’est pas facile. Il adorait sa belle-sœur. Il était fier de dire qu’elle était argentine, qu’elle était belle, il se moquait de son accent en l’imitant. Sa copine et Marianna étaient devenues amies. Bref l’occasion de passer du temps ensemble, les hommes d’un côté les filles de l’autre. C’est vrai que niveau familial, c’était parfait. Marianna loin de sa famille avait trouvé refuge auprès de la mienne. Alors j’y croyais, je me disais que c’était bon, j’avais trouvé la femme de ma vie. En fait non, j’ai trouvé une personne pour m’accompagner un temps. Tout cela est terminé. Je finis toujours par me noyer dans mes souvenirs.

Mes amis débattent du pourquoi du comment, m’interrogent, sur son comportement, tentent de me regonfler le moral, ils sont là et ils le montrent. Je finis par les écouter, acquiescer leurs dires comme pour me convaincre que c’est bon, je me mens, on se ment toujours dans ce cas-là. Car je ne cesse d’y penser.

Je regarde frénétiquement mon portable en espérant avoir un message sur mon portable, peut être un texto, un appel, n’importe quoi, un espoir. Je ne peux m’empêcher de passer sur Facebook. Je vois quelques notifications. Je m’absente virtuellement pour voir ce qui se passe, passer voir son profil. Marianna n’a pas attendu pour réduire à néant notre vie virtuelle. Je suis donc sans relation, avec quelques contacts en moins. Je n’ai plus accès à son profil. Elle m’a bloqué. Je constate que l’un d’entre nous raye plus facilement une personne de sa vie. Marianna est efficace. Je ne fais plus partie d’elle. Cela ne m’étonne qu’à peine, c’est toujours plus facile pour celui qui part. Toujours. Alors que je vois les ruines de ma vie couple virtuelle disparaitre, voyant de plus en plus concrètement que je suis bien célibataire, que c’est la fin, que je n’ai pas le droit d’espérer. Je pars dans une rage folle transformant ma tristesse en colère.

Je coupe les discussions et reprends mon monologue, je me mets à insulter Marianna, qu’au fond je la déteste, je n’ai jamais compté pour elle, qu’elle était égocentrique, qu’elle ne pensait qu’à elle, que je ne l’aimais pas, qu’elle ne m’aimait pas, qu’elle n’en valait pas la peine, que c’est une moins que rien, que j’ai perdu du temps, que je n’aurais pas dû faire certains choix, que je regrette, que je la déteste. Mais quelle putain de salope !!!…. ça va pas, ça ne va pas du tout… je ne sais pas pourquoi j’ai fait tout ça. Pourquoi j’ai aimé, pourquoi j’ai fait des projets, pourquoi j’ai passé tout ce temps avec elle pour au final, rien. Des vieux souvenirs que j’oublierai. Je me sens perdu, complètement perdu…

Guy me regarde avec sa mine déconfite en me répétant « ça va passer, t’en fais pas ». Marie-Emilie ne lâche pas ma main, la serrant juste plus forte, Louis et Gaspard ne parlent pas ils savent que pour le moment aucune parole n’aura d’effets. Il faut laisser passer du temps, le temps guérit tout, il en faut juste parfois un peu plus.

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