Chapitre 3 : Un nouveau regard – acte 3

En même temps, j’ai passé des soirées entières avec Guy, Richard ou Louis à me remémorer, revoir, reparler, ressasser ma vie avec Marianna. En face, le discours était le même : ferme et sans concession : « laisse tomber », « oublie-la », « il faut avancer François ». Avancer, ce n’est pas une si mauvaise idée. J’ai 34 ans et je suis là dans mon canapé à fumer des clopes à regarder l’écran noir de ma télé dans la pénombre de mon salon… Mais qu’est ce que je fous. Non mais vraiment qu’est ce que je fous. Pourquoi j’attends ? Qu’est ce que j’attends ? Qu’est ce que je veux, putain de merde ?

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J’ai passé toutes ces semaines à essayer de comprendre pourquoi elle était partie… A quoi bon, elle est partie. Point. J’ai demandé des explications, j’ai essayé de comprendre, j’ai demandé s’il y avait quelqu’un d’autre, j’ai demandé tout et n’importe quoi, j’ai demandé pourquoi ?? Les réponses étaient différentes d’une rencontre à l’autre, elles étaient convaincantes ou pas du tout. Mais elles étaient du même matériau : c’était fini. Alors j’essayais d’accepter, d’avoir un regard nouveau, différent sur ce que j’ai appris, ce que j’ai tiré de ces semaines de léthargie.

Ce matin, je constate que je n’ai rien appris, je n’ai ni avancé ni reculé, j’ai regardé ma vie s’arrêter. La femme de ma vie, où celle que je considérais comme telle était partie. C’est humain de vouloir comprendre mais la seule chose à comprendre c’est que sa vie et la mienne se feront sans l’un ni l’autre. Nous étions arrivés à une croisée des chemins. Il était temps de se séparer, de se quitter de continuer la route seule…Simplement que je ne partageais pas cette vision des choses ou je ne l’acceptais pas, pas encore.

Je fais ce constat à 10h du matin un samedi de vacances. Avachi sur mon canapé, un chat qui ronronne tout en se blottissant contre moi …. Il faut que je me bouge un peu, que je me réveille, cela ne peu plus continuer puis penser et repenser à mon passé, ne me fera pas plus bouger. Il est temps de faire du tri, de passer à autre chose.

Je me relève, décidé. Le chat sursaute de mon mouvement brusque. J’écrase énergiquement ma clope dans le cendrier qui déborde de tabac et de mégot. Je le saisis et part dans ma cuisine. La vaisselle en partie propre et en partie sale est là. Marie-Emilie malgré ses passages n’a rien pu faire de mieux. Ce n’est pas grave je me reprends en mains il faut que je me bouge. Je vide mon cendrier dans un sac poubelle. J’entame un grand ménage. Je jette tout ce que je trouve sur mon passage passant de pièce en pièce, ramassant ici et là le bordel à demi organisé de mon appart. J’enchaine avec la vaisselle, ramasse mon linge, je ne trie ni ce qui est sale ni ce qui est propre. Tout part directement dans la machine à laver, les lessives s’enchainent. Au bout de trois heures, mon appartement ressemble à une penderie géante où se dégage une odeur mêlant la javel du sol et la lessive des vêtements. J’en profite pour aérer. Je suis toujours en caleçon à me balader à droite et à gauche. Pistant la moindre trace de salissure ou d’objets non rangés.

Je me soulage l’esprit m’oubliant dans les tâches ménagères. Je ne sais si cela est une bonne solution mais durant un moment j’ai l’impression de faire le ménage aussi dans mon esprit.

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