Missiones, Argentine–Entre argentine et Paraguay

Je suis arrivé à Posadas…Après 14 heures de bus autant vous dire que sortir du bus est une bonne chose. Me voila dans la région des Missiones, il me faut rejoindre mon logement…Mais je ne suis pas au bout de mes péripéties. Je prends le bus dans la mauvaise direction et le chauffeur ayant compris “Aeropuerto” à la place de “centro”. Il m’arrête à l’aéroport. Loin de tout sans taxi ni remis. La joie.

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Ne voyant rien arriver, je pars à pied pour choper un arrêt de bus et revenir en arrière. Je le trouve un peu plus loin et après renseignements, je prend enfin la direction du centre ville. Je finis à pied jusqu’à mon logement. J’arrive à 13h à la place de 8h30. La joie, le retour.

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Mais Julia et son ami sont cool et m’accueillent avec plaisir. On discute un brin et je pars quasi aussitôt pour la mission de San Ignacio. L’objectif de mon arrêt dans cette ville est les missions jésuites Guaranis. En effet, au 17ème siècle, les jésuites ont ouvert des missions dans la région pour christianiser les Guaranis. Alors pas en mode bourrin mais pas du tout, en fait les jésuites ont adopté la langue Guarani et ont construit avec eux :des missions, des villages où le pouvoir était détenu par les Guaranis mais organisé autour de la croyance de dieu. Les jésuites leur apprenaient à lire, écrire et être monogame [ça partouzait sévère avant] . C’était de grandes collectivités où tout le monde participait à la communauté et donnait de son temps pour l’ensemble de la mission. C’était limite utopique. Mais le pouvoir espagnol voyait un peu mal le truc et a interdit les missions puis chassé les Guarani [les esclaves, c’est tellement mieux]. Résultat les missions ont été abandonnée par les Guaranis et les Jésuites qui étaient pas super bien vu par le pouvoir local, enfin surtout des lieux où le pouvoir central n’avait pas prise. Enfin, je vous invite à vous renseigner sur ce projet pacifique et pleins d’humanité [ou regarder le film Missiones comme me l’a proposé un ami]. C’est très intéressant.

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J’ai prévu de voir deux Missiones : celle de San Ignacio, la mieux conservée d’Argentine et celle de Santa Trinidad, parce que c’est au Paraguay et c’était l’occasion d’y aller. Mais aussi parce qu’elle est la plus importante de la région. Niveau transport, j’ai du encore prendre les bus, j’avoue que c’est plutôt long. Entre les deux heures pour aller à celle du Paraguay [passage à la frontière, erreur d’arrêt et autre bus jusqu’au fond de la campagne paraguayenne] autant au retour. Pareil pour celle de San Ignacio mais du à l’attente du bus pour retourner à Posadas.

Par contre le détour en vaut la chandelle. Les ruines sont magnifiques et au milieu de la forêt ou de nulle part, de voir ses ruines est impressionnant. Celle de San Ignacio permet de bien connaitre le fonctionnement d’une mission et ont des ruines magnifiques. Celle de Santa Trinidad, sont justes immenses, les restes de la cathédrale sont hallucinants. En se baladant au milieu de ces murs de pierres, je me rend un peu compte de l’immensité du site et du bâtiment. Mais aussi, de la construction humaine et de la vie à l’époque au bord de l’Amazonie. C’est un spectacle incroyable. Difficile à décrire.

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J’ai pu découvrir le Paraguay et les zones plus reculées de l’Argentine où je passe pour un bon gringo de base. Les indiens Guaranis pour la plupart sont pauvres, très pauvre et ca fait bien relativiser par rapport à soi. Des petits gamins avec des sacs gros comme eux qui rentrent de l’école pied nus, et bien ce n’est pas une légende. Mais aussi des routes en terre rouge ou pavés grossièrement aves des cailloux, des voitures d’un autre temps qui roulent encore, des chiens errants, je suis loin de la métropole de Buenos Aires.

Pour le Paraguay, c’est aussi une découverte, plus pauvre que l’Argentine mais dynamique. J’ai croisé des écoliers en uniformes, des mecs qui montent dans ton bus jouer de la musique ou vendre des chipas [des pains de fromage : bon, bourratif, 30 centimes d’euros], des bus avec la destination est peinte à la main sur le devant, une conduite sportive et en coupé décalé qui secoue, les vendeurs de billets pour le bus qui te sautent dessus mais restent aimables, gentils et t’indiquent le bon bus, le chauffeur de taxi qui m’a parlé en français pour me remercier et m’a emmené au terminal, ce maçon qui fait un pouce en l’air quand il m’a vu passer dans les rues de Santa Trinidad [une bourgade de 300 âmes où le bus te dépose sur le bord de la route], cette petite fille qui voulait me donner son gâteau. Bref une bonne journée pleine de souvenirs.

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Puis au retour à Posadas, cette Argentine avec qui je galère pour changer de bus et qui me parle en anglais et a qui je réponds en espagnol et aussi en anglais. Elle m’a donné des adresses pour manger. Mon hôte avec qui j’ai discuté vin et de ma journée mais aussi de son activité qui plairait à certains de mes amis [Elle vend des boites avec des fruits secs locaux, boissons énergisante naturelle et bio pour le bien-être, mais juste dans la région de Posadas, très intéressant] Encore des rencontres et surtout des gens gentils et aimables.

Pour finir ce séjour, j’ai été mangé dans une pizzéria. Alors, là j’imagine : “Mais tu manges dans une pizzéria en Argentine, nanmého!!” Déjà tu te calmes parce que la pizza fait partie de la culture culinaire argentine. Tout bon guide le recommande. En effet, beaucoup d’italiens sont venus vivre en Argentine [ce peuple n’a fait que migrer] et ont apporté avec eux : les pizzas, les Gnochis et le che [pas le révolutionnaire cubain mais son surnom vient de ce mot]. Le che est l’équivalent de “hombre” en espagnol, difficile à traduire en français. C’est comme dire “Eh toi” ou “Eh mec” ça équivaut ici à ”Eh ché”. D’ailleurs mon castillan prend tellement cher ici [bonjour “ll” qui devient “y”]. Pour revenir à la pizza, ne prenez pas de taille chica si vous êtes seul, c’est titanesque…Mais très bon.

Mon séjour à Posadas est fini, je suis déjà en route pour la prochaine étape : Iguazu.

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