Démission

Triste constant, on démissionne de plus en plus de l’Education Nationale. Il n’y a rien d’alarmant, ce ne sont pas des dizaines de professeurs qui quittent les rangs de notre grande communauté. Mais le nombre de candidats n’est déjà pas mirobolant dans certaines sections et ceux qui passent le concours se découragent plus vite après une année d’activités.

tamponeducationnationale

Evidemment notre ministère minimise ce phénomène qui est loin d’être nouveau. C’est juste que le taux de départs augmente [doucement mais surement]. Mais comme le disent nos ministres successifs rien d’affolant. Tout va bien, c’est normal que des gens qui ont bac +5, passer un concours, font des stages d’immersion quitte leur poste au bout d’un an. Moui Moui…. [pas l’actrice]

D’après moi, il y d’autres raisons : “oulalal ce n’est pas ce que je voulais faire.” De vraies raisons et qui commencent dés le concours et les conditions pour accéder aux métiers d’enseignant. Il y a quelque années, ce bon vieux Luc C. [le pire ministre qu’on est eu] a décidé de faire passer le niveau du concours de Bac + 3 à Bac +5 avec une petite revalorisation salariale parce que bon c’est des bacs + 5 quand même…

Mais par rapport au marché du travail…. Comme dit L.O.L. C’est complètement ridicule, de plus cette mesure a eu plus comme effet de décourager les gens qui se voyaient obliger de valider un bac+5 pour tenter de devenir enseignant. Effectivement passer un bac + 5 et accepté tout au long de sa carrière de ne pas approcher de près les paies ou l’évolution liée à l’expérience qui découle de ce niveau d’étude.  Forcement cela allait poser quelque problèmes. Comme prévu, le nombre de candidat a chuté, voir il manque carrément des candidats pour certaines filières…. On applaudi bien fort la réforme de merde. Qui depuis a subit des arrangements plus ou moins importants pour faire style c’est toujours bac +5 [mais pas vraiment, bah il faut embaucher]. Il aurait été plus simple de passer le concours à bac+3 et de faire une validation d’acquis avec un suivi durant deux ans pour valider un bac +5 [astuce]

Mais nos chers jeunes collègues quittent le métier après le concours, après avoir rencontrer la difficulté qui sont les conditions de travail. Comme je le dis souvent venir juste pour les congés c’est le plus mauvais plan de la terre car entre chaque vacances, nous avons les élèves et en général ca dure plus longtemps que les vacances [Team Rageux à vous : vacances de prof, vous êtes chaud, je le sais]. Ce qui pousse bien évidemment à la reconversion, c’est de  supporter 30/35 ados en pleine croissance sans réel suivi, sans réel soutien. C’est dur, pas facile et parfois décourageant.

Ce n’est pas les ESPE qui vont sauver la face de notre jeune bleu parti au front [ESPE? le nouveau nom de L’iUFM, il est tel le phénix, il renait toujours de ces cendres] car l’enseignant est souvent seul face à la classe. Il n’est pas facile de se confier sur ses difficultés, accepter l’échec ou gérer avec aisance une classe. Surtout quand d’autres y arrivent. il y a ce découragement qui nait et qui ne donne pas envie de s’investir pour des ados qui peuvent sembler ingrats [je rassure tout le monde c’est le cas parfois mais de temps en temps c’est l’inverse et juste pour ces moment c’est cool].

Mais évidemment l’enseignant n’est pas là que pour préparer des cours. Il est loin ce temps. Les taches administratives, les nouvelles missions qui s’entassent et se rajoutent au statuts sont des situations décourageantes. J’ai été remplaçant et j’ai eu de la chance dans mes remplacements car le seul que j’ai qui était hors de mes compétences ou capacités a été une épreuve. Donc le subir plusieurs années ou une année complète donne juste envie d’en finir avec ce métier. D

Un métier passionnant, d’investissement où il ne faut pas compter ses heures, accepter que  ca va pas être facile tous les jours, que des fois c’est cool, qu’ils sont chiants mais il faut accepter en contrepartie d’un salaire pas forcement emballant, des mutations loin de chez nous, dans des zones éloignés, désœuvrés, rencontrer tout types de populations bref affronter des difficultés ou parfois notre hiérarchie ne nous aide pas ou ne nous soutient pas toujours. Ce qui peut faire penser qu’il y a mieux ailleurs.

Dans mon parcours, j’ai eu beaucoup de chances : une passion pour le métier et une vraie envie d’en faire mon métier, des bons établissements, des directions cools et franchement, je ne peux pas me plaindre de mes proviseurs ou de mes proviseurs adjoints, la mise en place de projets sportifs qui me plaisent. J’ai eu de la chance, beaucoup dans mon travail. C’est tant mieux.

Mais je pense que pour intégrer les nouveaux, pour inciter les vocations, il y a beaucoup à faire comme tenter de stabiliser le métier et ne pas tout remettre à plat à chaque nouveau gouvernement. Encourager et soutenir les jeunes profs, les suivre et éviter les cours à la noix comme suivre un cours pour faire des pêches Melba quand tu es prof d’économie-gestion [true storie].

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