Jour : 4 décembre 2017

#Dragonball : Est-ce que DragonBall Super est une série épique?

Depuis le retour de Dragonball à la télé, j’avoue que je regarde régulièrement les aventures de Goku [oui, c‘est bon jugez moi]. Pas que ces nouvelles aventures soient dingues mais c’est relativement prenant pour y prendre un peu de plaisir. La curiosité aidant, se regarder un épisode reste un bon moment de détente. Seuls les ultras fanboys nostalgiques pour qui la moindre transformation faire réagir en “olalala!! Du Solapin, vite!” semblent ultra contents de cette série. En même temps, elle est calibrée pour le fan service. 

Dragon_Ball_Super_Eyecatch_-_Universal_Survival_Arc_1

C’est d’ailleurs un constat que l’on peut élargir aux attentes du futur jeu de baston de Bandai et Arc Système de la licence. Beaucoup de jeunes fans attendent des ultras bourrins de puissance [comprendre Broly ou Vegeto]. J’ai le cœur un peu brisé pour les personnages développés et avec un vrai background de la série mais badasserie et puissance sont, malheureusement, les leitmotivs de beaucoup de fans.

mais revenons au sujet du jour, ce qui me taraude… J’aime ce verbe tarauder. Est-ce que Dragonball Super est épique ? [attention énorme Spoil]

NON enfin en 113 épisodes, ca commence à être un peu épique mais par moment, pas trop parce que ca serait dommage qu’on est envie de ouf de voir l’épisode suivant…C’est dommage car Dragonball, c’est la série la plus épique de l’univers [comme tous les shonens me direz-vous]

Un point vocabulaire pour commencer : qu’est ce que j’entend par épique, petit rappel. Il s’agit d’une épopée plutôt couillu, avec de l’aventure, de la grosse baston, du drame, des sacrifices, du dépassement de soi pour arriver à la fin de sa quête. Bref une aventure qui met en avant les héros car ils ont bravé l’impossible. Si on reprend la définition voila ce qui en sort :

  1. Qui raconte les exploits de héros historiques ou légendaires.
  2. Qui est propre à l’épopée ou qui en a le caractère.
  3. Digne de figurer dans une épopée. Une bataille épique. Des luttes épiques. • Fam. et souvent iron. Fertile en péripéties, mouvementé ; que ses péripéties, son caractère pittoresque rendent mémorable. Un voyage épique. Une discussion épique.

D’ailleurs si on reprend une définition d’une épopée, on peut trouver ceux-ci : Suite d’évènements riche en incidents et en rebondissements divers. Vous avez une tripotée de fiction épiques : Le seigneurs des anneaux, Harry Potter, Star Wars, les chevaliers du zodiaque!! Quand on lit le manga Dragonball, c’est exactement ce que l’on a droit. Le héros affronte maintes ennemis toujours plus puissants, meurt et revit, perd ses amis au combat, sauve le monde de grandes menaces. Le héros arrivera à vaincre les épreuves sur le chemin au prix de bien des efforts. Nous avons là l’essence de Dragonball.

Pour la version Super, les producteurs semblent ne garder qu’en surface cet état d’esprit. Des ennemis puissants apparaissent, le héros devient plus fort et sauve le monde mais… Dans une logique plutôt “non mais c’est normal c’est le héros”. En clair, il n’y a pas ou peu de véritable tension.

Je vais faire un bref retour sur la série originale. La version résumé de Dragonball compte 167 épisodes divisés en 4 arc [ou 5 si on divise l’arc Cell avec une partie Cyborg et Cell game]. Par contre Dragonball Super compte plus d’une centaine d’épisodes et elle se découpe en 5 arcs importants pour vous donnez un ordre comparaison. On s’aperçoit que la nouvelle série est moins développé. On pourrait croire que la série est plus concise mais elle répond plus à un cahier des charges reprenant ce que les fans aiment dans DragonballZ.

Alors est ce que ces arcs ont été aussi épiques que ceux de DBZ? comme je vous l’ai dit non, absolument pas. Une raison principale : le manque d’enjeux, peu de risque pour les héros, pas de réellement impression de dépassement de soi, des ennemis pas spécialement mortels, cruels ou insurmontables, un héros infantilisé qui ne réagit plus à une menace mais plus par plaisir de combattre [d’ailleurs je pourrais écrire un article sur la perte de maturité et d’épaisseur du personnage de Goku]. Je m’explique :

1er arc : Beerus, le dieu de la destruction se réveille et veut juste se fighter contre le saiyen god… parce qu’il y a en rêver…Après être tomber sur le groupe de Goku entre grosses blagues et boustifailler, quelques combats souvent vite baclés avec des pauses parce que bon, cool. La tension ne monte jamais, les autres personnages ne sont jamais en danger. Beerus fait plus mine oulala montrer moi vite un mec balaise que je le tabasse sinon je détruit la terre. Il n’y a que des paroles, tous les autres combattants d’ailleurs ne font que regarder le match entre Goku et Beerus. Surtout le héros ne devient pas ce fameux dieu alors que tout est perdu mais suite à un vœux  et une sorte rite saiyen pendant que Beerus bulle en buvant un cocktail… Ou est l’épopée ?

2eme arc, Le retour de Freezer : Le retour du grand méchant de l’histoire… Déjà ca pue le réchauffer mais surtout cet arc se résume par un match retour entre Goku et Freezer pendant que tout le monde regarde le duel au calme. Pour rappel lors de la série originale, quand Goku affronte Freezer : la population Namek avait été décimé, Végéta était mort et lors de l’ultime affrontement : Krilin est mort, Piccolo n’est plus en état de combattre Seul Gohan impuissant est encore debout avec son père qui se transforme dans une scène qui a fait Dragonball, le passage en super Saiyen.. Bref pour en arriver là des morts, des combats dantesques, des ultimes attaques impuissantes, des héros qui meurent. Dans Super, Goku et Vegeta arrivent direct avec une nouvelle transformation et s’ensuit un test match à la cool… Sachant que la fin du combat n’est du qu’au manque d’endurance de Freezer [petit père, il n’arrivait plus en reprendre son souffle]…Où est l’épopée ?

3éme arc, Tournoi des deux univers. Ici d’entrée il n’y pas réellement d’enjeu. C’est juste des match entre les personnages de deux univers. Mais dans Dragonball c’était l’occasion de mettre en avant de nouvelles techniques ou de connaitre les enjeux de certains combattants. Mais la prod et surement poussée par une fanbase ne met avant que Vegeta, Goku et le boss final Hit. Sinon on est sur de la redite : un clone de Freezer et un saiyen qui ne sont pas plus creuser que ca alors que des motivations auraient fait gagner en background et montées le coté épique des combat… Mais c’est juste un enchainement de combat motivés par on ne sait pas trop quoi!!

En trois arcs c’est du Dragonball de supermarché : fait pour les fans mais pas qui fasse réellement vibrer.

4ème arc : Trunks du futur…. j’avais peur d’un réchauffé  [en même temps : Freezer puis Trunks, on n’invente rien] mais le méchant avec enfin un vrai background, de véritables motivations et un peu d’originalité. Bref un peu d’ingrédients pour arriver un truc pas trop mal. C’est le cas, c’est de loin le meilleur arc de la série car on y retrouve un peu d’épique, de suspense. Mais la série reste soft : pas de mort, pas de combat violent [l’idée de le rendre tout public et non plus pour des ados a largement adoucit la série, trop d’ailleurs] seule la fin par vraiment sucette et par un truchement conclu l’arc bizarrement. Comme si les auteurs avaient trop monté la puissance du méchant et ne savait plus quoi faire pour le contrer. Bref comme s’ils avaient perdu le contrôle du personnage de l’histoire. Dommage on tenait le bon bout.

5ème et actuel arc : Le tournoi de survie des univers. De base le scénario est badass et annonce un épisme à la Dragonball. 10 combattants de chacun des 8 univers vont s’affronter dans une bataille royale. Si un univers perd ses 10 combattants, il sera efface pour toujours. Un enjeu fort, il faut se battre pour son univers survive. Les combattants peuvent tous avoir des milliers de raisons de se dépasser pour survivre, des nouveaux personnages peuvent apparaitre… Dans l’idée c’est proche du Cell game, à l’époque seul Cell était l’adversaire mais on savait que si on perdait la terre était perdue. La tension était à son maximum à l’époque. Ici, je m’attendais à la même pression chaque combat se jouant à double tranchant car si on perd c’est la fin qui approche… Eh non les scénaristes ont décide de rajouter de l’humour à la Dragonball… ce qui fonctionne bien dans un tournoi où la question c’est jusque qui est le plus balaise mais la c’est quel univers va mourir. La moindre tension du tournoi est toujours suivi d’une blague potache qui ne permettre pas à l’arc de vraiment décoller avant l’épisode 100. J’ai l’impression que les combattants ne sont pas super impliqués, limite ce n’est pas grave.

Ce n’est qu’a ce moment quand les blagues potaches seront définitivement mis de coté et le coté purement combat pour survivre sera mis en avant que l’on verra apparemment enfin quelques moments épiques, qui donne envie et s’investir dans l’épisode suivant. Mais quand on y pense c’est tout ce tournoi qui manque vraiment de profondeurs, d’ennemis charismatiques.. On se calme les fans de Jiren. Question : A part le fait qu’il soit ultra balaise : ces motivations? pourquoi s’il est si ultra balaise il ne défonce pas tout le monde? D’ailleurs dites-moi combien de personne il y a sorti? [un indice moins que Muten Roshi]. D’ailleurs excepté Jiren, qui d’autres vous a marqué?

Dragonball Super n’est pas une série épique, elle est fun et telle un fastfood de la nostalgie et de Dragonball. Elle offre ce qu’on attend d’elle, ce que les fans veulent parce que ca fait plaisir. Mais elle oublie l’essentiel ce qui fait le sel de la série : la rendre épique, mémorable, inoubliable avec des ennemis dantesques qui poussent les personnages a se dépasser. Bien que sympathique à regarder ca reste globalement moyennement écrit sans être mauvais. c’est dommage car les scénaristes ont de bonnes idées souvent mal exploitées ou limitées. Des idées qui se limitent à développer des personnages que tout le monde connait [Comprendre Goku et Vegeta] sans creuser d’autres, sans ouvrir d’autres perspectives. C’est ce qu’on retient des bonnes séries : une bonne écriture qui sait approfondir ses personnages, une scénario simple à dérouler.

Je sais que la production de cette série est assez spéciale mais le travail d’écriture semble le gros soucis. Toriyama donne juste des instructions ou lignes directrices et les scénaristes de Toei ainsi que Toyotaro [le nouveau dessinateur de Dragonball] brodent autour. Mais on sent le manque de profondeur. l’histoire en format papier est rapide [un arc peut être conclu en 1 voir 2 tomes là ou il en fallait 4 ou 5 dans Dragonball]. Ce que j’appellerais le syndrome d’Astérix, un cahier des charges pour que l’on classifie la série comme dans la continuité de la série mère mais sans la profondeur, juste la saveur.

Alors certes j’ai vieilli, j’attends plus d’une série, je veux que ce soit plus étoffé mais Dragonball en voulant s’adresser au tout public perd un peu de sa noirceur et de sa profondeur.

Quand je regarde une série comme StarWars où le travail d’écriture semble prendre en compte l’univers filmique et tache de garder une réelle cohérence avec l’univers tout en le développant, je suis un peu triste que Dragonball ne suivent pas le même chemin. Je le dis et je le répète c’est un univers dense pourvu de plein de bonnes idées mais qui semble toujours sous exploitées, simplifiées…

C’est dommage car si Dragonball Super avait su garder son coté épique, son suspense [mais encore gaché par le système japonais d’annonce des titres d’épisodes et des résumés], cette série aurait été vraiment exceptionnelle. Mais elle est juste moyenne et sympathique. J’en suis le premier désolé. C’est tellement dommage.

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