Mes bandes dessinées #52 : Ces jours qui disparaissent

9782344013328_1_75J’ai terminé « Ces jours qui disparaissent » avec le souffle coupé. Un arrêt sur image de quelques secondes. Le temps de me remettre de mes émotions, je ne pouvais que constater que j’étais face à une belle bande dessinée. Emotionnellement fort avec une histoire universelle au fond.

 

L’histoire nous parle de Lubin, un artiste danseur, qui suite à une mauvaise chute s’aperçoit qu’il a dormi plus de 24h. Jusque-là, rien de spécial. Mais le problème c’est que le phénomène recommence. Lubin n’est présent qu’un jour sur deux et n’a aucun souvenir de la veille. Intrigué, il se filme et s’aperçoit que durant les 24h où il n’est pas là un autre lui vit à sa place. Progressivement ce double va prendre de plus en plus de place et de temps dans la vie de Lubin. S’engage pour Lubin, une course contre le temps, une course pour sa survie.

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Ce récit fantastique semble évoquer des troubles de la personnalité comme le pense le héros [Saga des gémeaux sort de ce corps]. Mais au-delà de la double personnalité du héros et de cette vie un jour sur deux d’autres thématiques sont évoqués. Des thèmes qui offrent une réelle profondeur au récit.

L’auteur évoqué un de c’est thème comme la base de l’histoire. Il a eu au début de sa carrière dû faire un choix entre vivre de sa passion sans avoir le confort matériel ou bien travailler dans un métier plus lucratif En effet, les deux personnalités de Lubin sont différentes. Le héros est jeune, fantasque, insouciant, libre, pratiquant sa passion sans se soucier du lendemain. L’autre personnalité que l’on découvre par bride est plus pragmatique, sérieux, tourner vers son avenir professionnel, prenant sa vie en main en se formant puis en trouvant un travail et s’assure d’un point de vue matériel et financière.

ces jours qui disparaissentC’est au fond, l’un des grands choix de la vie. Ce choix que chacun est amené à faire entre ses idéaux de jeunesse et la dure réalité de la vie. Quitter nos espoirs et nos rêves pour s’engager dans la vie, celle où l’on doit s’assumer, se responsabiliser et laisser derrière soi notre insouciance. Ce que les plus anciens appellent grandir ou murir. Dans le récit, ce partage de vie une fois sur deux, nous fait clairement sentir cette évolution jusqu’au moment où l’autre personnalité prend le pas et grappille de plus en plus de temps à notre héros.

Car en suivant la vie de Lubin dans la seconde moitié du récit, j’ai pu lire un autre niveau de lecture de la vie. En effet cette vie « adulte » professionnelle, cette vie de responsabilité va prendre le pas sur ce Lubin insouciant, de plus en plus. Il verra moins sa famille, ses amis. Ceux-ci s’éloignent pour prendre leur envol, cet amour impossible à vivre car en désaccord avec sa vie.

C’est une belle métaphore. Car la vie nous oblige parfois à nous éloigner de ceux que l’on aime, sans crier gare. On se voit encore de temps en temps mais de façon plus espacé, plus éloigné. Puis on apprend qu’un tel est marié, divorcé, n’a pas trouvé l’amour, galère et meurt sans qu’on ait été présent, jusqu’au où il nous reste que des regrets sur notre vie qui semble avec avoir défilé trop vite. Nous sommes comme Lubin, nous avons une impression que notre vie passe de plus en plus vite entre notre vie pro de plus en plus prenante et où les moments d’insouciance deviennent de plus en plus rare.

9782344013328_p_2J’ai trouvé ce récit touchant et fort. Je n’ai pu m’empêcher de faire des parallèles avec moi. A penser à l’éloignement de mes parents que je ne vois que tous les deux mois. Mes amis d’enfances qui sont loin, même si on se voit régulièrement. Mes amis proches, ici à Reims qui avancent, qui galèrent, avec qui parfois on se rate, on ne fait pas toujours attention, où on essaye de caller des rendez-vous car telle ou telle obligation nous retient. Contrairement au Lubin pragmatique, je n’ai pas coupé les ponts avec mes amis, je ne suis pas devenu un autre mais ce récit m’a parlé.

Le temps qui passe, qui passe vite, trop vite. Cette impression de passer à côté de belles choses car nous ne sommes pas attentifs ou parfois pas prêts. Puis il y a aussi ces moments de bonheurs, rare réguliers mais qui semble de plus en plus éloigné, qui ne sont plus que des bref instants d’insouciance dans une mer de responsabilité. Ils ne sont de plus en plus rares au fur et à mesure que notre vie passe comme Ces jours qui disparaissent et qui ne reviendront pas.

Je ne peux que vous recommander ce superbe roman graphique. Le dessin de Timothé Le Boucher est superbe, clair. Ses planches de danse sont poétiques à souhait, c’est un vrai plaisir. J’espère que vous vous serez autant aspirer par cette bande dessinée comme je l’ai été. Un très beau récit.

Merci pour le moment de lecture.

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