StarWars / Dragonball – Le pari risqué de prolonger une œuvre culte de la Pop-culture

Récemment, j’ai été voir Ready Player One. Film encensé par la presse et une majorité des spectateurs. Mais il est tout aussi décrié par une partie du public pour son appropriation de la pop-culture des années 80/90. C’est intéressant car cette culture est issue de biens des genres critiqués, dévalorisé ou tout simplement peu considéré comme de l’art par une partie de la critique culturelle. Longtemps rejetée mais à partir des années 2000 et l’arrivée d’une génération de trentenaires, quarantenaires qui ont évolué avec cette culture, la voici reconnue avec des œuvres devenues majeures dans l’imaginaire et la base de la culture actuelle [oui, Télérama, j’étais là quand tu disais que les mangas c’était de la merde et maintenant, tu lui cires bien les pompes à la BD Japonaise].

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Durant ces quarante dernières années, le monde culturel a vu l’émergence des deux plus grands univers de la pop culture. Ces deux œuvres sont devenues cultismes pour une grande partie du monde. Rejetées à leur naissance par les « spécialistes » mais adorées par les enfants et les ados de l’époque. Aujourd’hui, elles sont adulées tels des mythes. Elles sont sues garder après leur fin officielle, une aura quasi divine en terme de références que l’on retrouve dans le cinéma, BD ou le jeu vidéo en clin d’oeil ou de plagiats éhontés. Fait extraordinaire, de nos jours, elles continuent d’exister et perdurer à travers les différentes générations.

Je parle bien évidemment de Star Wars et de Dragonball. Deux univers de la pop culture que j’apprécie tout particulièrement et reconnus dans le monde entier. D’un côté le Japon, un pays aux références culturelles fortes aujourd’hui avec son porte-étendard : Son Goku. De l’autre les USA avec son cinéma populaire, ses séries, ses jouets qui sont pour beaucoup comme des pièces cultes de notre culture actuelles. Nous avons en fier ambassadeur : Dark Vador et tous l’univers de Star War.

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L’imaginaire, l’univers, les valeurs, la qualité du récit, de la mise en scène en font des références. Représentant à eux seul parfois tout un pan de la culture. La SF pour Star wars et le manga pour Dragonball. Mais ce qui m’intéresse dans cet article, c’est le retour sur le devant de la scène de ces œuvres. En effet, les ayant-droits : Disney et le Toei animation, des mastodontes dans leur domaine ont décidés de relancer ces œuvres. Non pas en rééditant pour la énième fois ce qui existe mais en prolongeant l’existant voir en créant de nouveaux éléments. Un exercice bien périlleux face à la fanbase quasi fascistes et ultra conservatrices de ces univers.

Il est important déjà de comprendre les intérêts de relancer une oeuvre culte. Le premier intérêt est  la thune, le pognon, les dollars, on ne va pas se le cacher. Mais à l’origine, ce sont des œuvres avec des vues commerciales Le manga est une industrie, une œuvre qui rencontre pas de succès s’arrête, idem pour le cinéma, les suites sont dictées par le succès des épisodes précédents. Dragonball n’échappe pas à cette règle. Certes c’est une œuvre mais elle doit son succès à la vision mercantile et industriel du manga. D’ailleurs son succès mondial hors de l’archipel Japonais n’a commencé réellement qu’a la fin des années 90. Pour Star Wars, G. Lucas s’est battu pour produire un film en qui personne ne croyait et qui a su générer dès son premier opus des recettes liées aux produits dérivés. De manière simple ce qui est vrai aujourd’hui l’était dans le passé. Ces œuvres sont des succès car elles génèrent énormément de produits dérivés et donc d’argent.

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Mais ce qui m’intéresse, c’est le deuxième intérêt : Prolonger l’univers sans le dénaturer [sinon on coupe l’herbe sous le pied du premier intérêt]. En décidant d’élargir un univers, c’est aussi ouvrir d’autres voies, d’exploiter des idées anciennes ou nouvelles, élargir les possibilités et soyons franc on tournait en rond dans nos 42 volumes et nos 6 films. Il est intéressant quand on relance une franchise de partir de l’existant pour offrir d’autres possibilités dans un univers large et surtout intéressant. Mais en général, c’est là que ca se gâte.

Personnellement, quand des suites ont été annoncées alors que je n’y croyais plus, c’était plutôt une bonne nouvelle. Très curieux de voir ce qu’allait nous offrir le prolongement de ces univers. Evidemment du coté des gros fans hardcore, on était entre impatience et il faut rien toucher du saint graal.

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Au final, je suis assez partagé. D’un coté, Star Wars m’offre un prolongement qui me semble de plus en plus intéressant quittant le Skywalker game, nous ouvrant à tous l’univers. Chaque nouvel opus est un vrai plaisir. J’ai senti une maitrise de l’univers tout en voulant offrir de nouvelles choses. De l’autre Dragonball qui ne voulant pas refaire un Dragonball GT bis, qui suit les lignes directrices qui font le succès de la série que je pourrais résumer ainsi : nouvel ennemi, tournoi, montée en puissance et nouvelles transformations. Une sorte de film Dragonball sérialisée. Deux stratégies différentes avec du succès au rendez vous, ne nous le cachons, il y a un vrai renouveau autour de ces séries. Seuls les rageux crient plus forts pour dire que c’est de la merde et c’était mieux avant.

J’ai adoré le travail fait sur Star Wars. Je trouve que le fait ne pas avoir choisi la facilité de quitter progressivement la deuxième trilogie [pas de Darkvador 2, pas de énième Skywalker fils et petits fils de héros, une héroïne] était une bonne idée. Surtout que le respect du matériaux de base est là. L’univers est présent, la galaxie, les peuples, la menace, le coté obscur et compagnie sont les éléments et en nous obligeant à regarder au delà de Luke et son papa, on comprends ainsi l’infinité de possibilités de cet univers et c’est tant mieux. Chaque épisode nous offre une nouvelle découverte, des nouveaux mondes et des nouveaux personnages ce qui permet de laisser de plus en plus de place à ce nouvel univers. On sent que les producteurs ont compris comment relancer une licence sans la dénaturer.

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Par contre pour Dragonball, la nouvelle série a été moins travaillé, je trouve. Le retour d’Akira Toriyama pour valider ce retour, du fan service à chaque épisode pour au final un ensemble de bonnes idées plus ou moins bien exploitées [Souvent peu exploitées]. Les personnages connus n’évoluent plus, utilisent leur technique comme si on les sortait sur Dragonball Fighter Z et l’histoire ne prends pas de risques avec des nouveaux personnages toujours survolés et vite oubliés. D’ailleurs en 132 épisodes le personnage le mieux développé sera C17, un ancien personnage réutiliser mais remis en avant de la meilleure des façons. Tous les autres nouveaux anciens n’ont aucun nouveau background ou aucune évolution, nouvelle motivation, etc. Bref on garde ce que les gens connaissent et surtout on ne bouge pas trop. Pour les nouveaux personnages, ils sont tous oubliables avec peu ou pas de fond, ni de réelles motivations. Justement, Toriyama semble juste essayer de trouver un nouvel ennemi plus badass que l’ancien en ne dépassant pas des lignes de Dragonball Z. C’est dommage, car c’est  l’intérêt de reprendre un univers : le faire évoluer .

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Deux univers, deux façons de concevoir les suites. Une à mes yeux est une réussite et l’autre un peu ratée mais pas complètement. Toujours est-il  que la démarche est intéressante bien qu’intéressé. Il est évidemment qu’à la base, ces univers font travailler l’imagination par leurs possibilités multiples. Je suis très heureux de les découvrir. Mais je conçois toute la difficulté de prolonger un univers face à une bande de fans mondiale avec des attentes mais surtout ultra critique et très présente sur les réseaux sociaux.

Tout ce que je peux espérer dans le prolongement de ces univers, c’est que les sociétés sauront s’arrêter pour préserver leurs poules aux oeufs d’or. Car il est évidemment que le succès de ces deux univers passent par l’appropriation des films, séries et univers étendus ainsi que par la transmission par la génération actuelle à la future génération. Génération qui réclamera surement sa version. Une occasion que seront saisir les ayant droits surtout si elles le font en bonne intelligence.

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En tout cas, on ne peut pas leur reprocher de continuer à nous faire rêver et de nous permettre de replonger dans ces univers chargés de nostalgie, telle l’Oasis de Ready Player One.

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