Je reviens dans 2 mois

J’ai un métier que j’adore qui me permet de faire plusieurs choses que j’aime. D’un côté, je peux enseigner dans un bon cadre et de l’autre, je peux avoir du temps pour mes autres centres d’intérêt. C’est un parfait équilibre pour moi. L’une de ces activités est de voyager où du moins de quitter la ville où je travaille.

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En effet, je vis à Reims depuis des années et pourtant, je reste peu souvent l’été [et les autres vacances ceci dit]. Quand l’école est finie, je prends ma voiture, mon chat et je pars pour des contrées lointaines [qui sont régulièrement la Bourgogne]. J’ai pourtant mes amis, des contacts et des activités sur place, je pourrais aisément m’occuper et profiter de mon appart comme beaucoup de mes amis qui retournent peu chez leur parents où seulement le temps d’un weekend voire une soirée. 

Je n’ai pourtant aucune envie de revivre en Bourgogne, j’aime y passer du temps mais pas plus que quelques jours. Je profite de mes amis d’enfance, de ma famille et du cadre. Je ne sais pas s’il y a une raison à cela mais j’ai envie de partir de voir ailleurs régulièrement pas forcement qu’en Bourgogne.

Je pourrais résumer ça à prendre une bouffée d’air frais. Comme quand vous avez nagé trop longtemps en apnée que vous avez besoin d’air. Remonter en surface pour respirer un grand coup et replonger. J’ai besoin de ça. C’est un équilibre quasi vital. Le travail durant un temps puis quitter pour y revenir avec plaisir. Un besoin qui répond à la question que ma mère me pose tous les ans la même question : Pourquoi je pars ? pourquoi voyager? Pourquoi si loin? [loin pour ma mère = les départements limitrophes à l’Yonne] Pourquoi ne pas faire comme beaucoup de mes amis partir dans un truc tranquille et pas loin?  Une semaine ou deux dans un lieu à se poser sans rien faire?

Il parait que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs…

Quand j’y réfléchi, Il est vrai que sur 12 mois, je dois rester au final moins de 10 mois dans la ville que j’habite. Depuis quelques années, je pars avant le 14 juillet et je reviens fin Aout. On pourrait se dire que je ne me sens pas bien à Reims vu que je n’y suis pas tout le temps. Dès qu’une ouverture se fait dans mon planning, je pars loin. Alors que non Reims est une ville qui me plait et j’y vis très bien. Je pense que j’ai besoin de renouveau et de découvertes.

Un besoin de couper avec ce que j’apprécie et avec qui je passe le plus clair de mon temps tout au long de l’année. C’est aussi un besoin de ne pas baigner tout le temps dans les mêmes eaux, quitter cette zone de confort que je connais que trop bien et dans laquelle je vivote au radar. Quitter ma routine en quelque sorte. J’ai besoin de secouer ma vie en apprenant, en vivant autre chose mais aussi en me confrontant à une autre réalité. Dans un nouvel univers, j’en apprends plus sur moi et sur mon rapport aux autres. Tout simplement en changeant la perspective.

C’est aussi un besoin de couper, pas de fuir un ou des problèmes. Ils seront toujours là, je suis trop vieux pour espérer le contraire. Prendre du recul, les classer et les résoudre avec du bon sens c’est aussi en ça que le voyage me permet d’avancer. Le besoin de couper pour regarder le chemin accompli, réfléchir sur soi, à ce que j’ai fait ou non depuis un an, six mois, une semaine a réfléchir à quel chemin prendre ou aller ou que faire en discutant ou revoyant des amis que je n’ai pas vu depuis longtemps ou des inconnus vivant dans cet autre part.

Partir c’est aussi de nouvelles rencontres dans d’autres cultures avec leur vécu ou leurs expériences offre des perspectives intéressantes. A rester dans les même lieux, avec les mêmes personnes et les mêmes habitudes on perd de vue ce qui est important, les gens qui comptent à force les voir se fondre dans mon paysage. Bref créer le manque pour avoir plaisir à les redécouvrir, à se raconter à échanger, à s’enrichir grâce à nos expériences individuelles. 

C’est un luxe, je m’en rends bien compte. Tout le monde ne peut pas ou ne veut pas quitter sa vie durant une période plus ou moins longue. J’ai conscience de la chance que j’ai. Mais je sais aussi que tout le monde n’a pas envie de partir, de se couper de son monde. Je reste un solitaire qui à parfois besoin de ses propres expériences.

Partir, me retrouver dans un nouveau lieu me procurer une joie sans commune mesure. Dès que je sors de l’avion, du bus dans un nouveau lieu où tout est à découvrir, tout est nouveau, mon visage s’illumine d’un sourire large, difficile à contenir, à conserver pour moi. On me reproche de peu sourire sur les photos mais si quelqu’un pouvait saisir cet instant il pourrait me voir un avec un bien joli sourire. Mais l’excitation mêlée à la perspective de nouvelles rencontres, de nouvelles choses à voir me procure une joie immense [et souvent très privée, c’est un moment rien qu’à moi].

C’est aussi  l’une des raisons qui me pousse à voyager, à quitter Reims et mon environnement si familier découvrir de nouveaux lieux ou personnes. Juste pour vivre un moment de plénitude où je peux vivre pour moi-même, aller dans des lieux juste pour moi et me faire plaisir. Ne pas me contraire à un esprit de groupe.

Je suis une personne discrète et je me conforme au groupe car j’ai des gouts peu commun. Le fait que je bois peu ou pas d’alcool, que les jeux de bars ne m’intéressent pas tout comme les jeux de cartes risquent de limiter les choix. Je préfère suivre le mouvement. Mais quand je suis en voyage, je peux me perdre dans mon monde , lire un livre, des plaisirs bien solitaires, difficile à partager. C’est peut être aussi pour ca que voyager seul ne pose pas de soucis. Ma liberté est totale, je reste un solitaire qui apprécie sa solitude loin du monde et des autres. Comme je l’avais écris sur le voyage seul, il faut être capable de s’apprécier et d’apprécier le fait d’être seul avec soi. Ce n’est pas facile, je m’y accommode.

Quand le voyage prend fin, les vacances aussi, je n’ai ni regrets ni remords, je suis content de retrouver les miens, mes amis, ma famille, mon travail car j’espère avoir changé, grandi ou appris des choses sur moi et sur mes relations aux autres. Puis le fait aussi de me mêler aux autres et de participer à la vie du groupe d’y apporter un vécu?

Le retour est toujours un acte sacré qui me permet d’apprécier chacun de mes amis à sa juste valeur et ne pas les prendre pour de banales personnes occupant mon espace vital répondant à des obligations de socialisation. J’aime le fait que chaque amitié est sacrée et unique comme surnaturelle.

Le voyage me permet au delà de ce qu’il me procure personnellement de mettre au centre de ma vie mes amis, me rappeler à quel point ils sont importants et présent pour moi. Mais aussi de faire le point, de me recentrer,  de recharger les batteries pour mieux avancer et faire de mon mieux.

Je pense que pour moi, partir est nécessaire.

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