Mes bandes dessinées #57 : A silent voice

Pour cette première review de l’année, Je vais vous parler d’un manga qui a eu un gros succès en 2015 : A silent Voice de Yoshitoki Ōima.

J’arrive bien après la bataille. J’ai découvert ce manga par son film d’animation sorti en France en 2018. C’est clairement l’un des meilleurs films que j’ai vu l’année dernière. Le film m’a tellement plu, marqué que je me suis intéressé au manga. C’est une série de sept volumes, sortie en France entre 2015 et 2016. Gros succès auprès de la critique et des lecteurs. Cette courte série m’a complètement échappé. J’ai tout simplement cru à une romance scolaire, un récit classique dans le manga japonais. Sauf que non, pas du tout. C’est juste une claque littéraire et surtout une série courte et efficace.

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L’histoire commence dans une classe de CM2, Shoya est un garçon turbulent qui aime se lancer des défis pour éviter l’ennui. Il est le meneur de ses amis. L’arrivée de Shoko, une fille malentendante va être pour Shoya un terrain d’exploration et de persécution scolaire suivi par ses camarades. Jusqu’au jour où son comportement se retourne contre lui, lâché par ses amis et devenu à son tour le bouc émissaire de sa classe, Shoya va subir des brimades. C’est au lycée que nous retrouvons, notre héros, devenu solitaire et évitant tout contact avec les autres. Il a décidé de demander pardon à Shoko avant de mettre fin à sa vie mais cette nouvelle rencontre va prendre une toute autre tournure.

Une histoire peu banale et surtout que je n’ai pas l’habitude de lire. On parle d’handicap sans coté pathos et avec justesse. Le traitement de Shoko n’est pas dévalorisant, n’est pas une source de “oh la pauvre petite” mais une source d’incompréhension pour ses jeunes camarades. Surtout Shoya qui du haut de ces 10 ans se trouve entre la peur de la différence et l’incompréhension d’un handicap. Ces peurs sont à l’origine de son comportement que rien n’excuse. Il sera d’ailleurs sévèrement puni. De son côté, Shoko, notre malentendante, essaye de s’intégrer malgré son handicap mais semble incomprise et au final rejetée.

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Le manga nous parle de différences et de comment les enfants peuvent être cruel envers les gens différents. Mais aussi du harcèlement scolaire et de ses conséquences : le repli sur soi, la perte de confiance sont abordés. Pas de jugements de la part de l’auteur, juste des ados qui subissent avec leurs doutes et leurs peurs, qui comprennent leurs erreurs et parfois pense que le mieux est de disparaitre. Le héros  se sent coupable et a l’impression que si quelque chose de bien lui arrive, il ne le mérite pas, pas lui, lui un mauvais garçon qui a fait du mal. Le manga va tenter de montrer le chemin parcouru par le Shoya pour surmonter ce manque de confiance, de ce refaire des amis, de réapprendre à regarder les autres en face. L’auteur nous parle aussi de l’amitié, des gens qui changent ou non, de la perte des proches et comment les autres peuvent nous changer.

Après un volume qui permet de poser la situation. L’auteur laisse passer quelques année à ses héros pour les retrouver à la fin du lycée. Le récit développe ses héros après ces premières épreuves avec différentes thématiques : Comment faire confiance aux autres? Comment assumer ses actes? Peut-on pardonné de ses actes? Qu’est ce que c’est que l’amitié? J’ai trouvé ces thématiques bien traitées durant les sept volumes

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Le développement de l’histoire n’épargne pas notre héros. La culpabilité de Shoya ne s’évapore pas du jour au lendemain. Il apprend progressivement à accepter le pardon qu’on lui accorde. Tous ces thèmes sont abordés avec justesse et profondeur. Les personnages sont attachants, sincères et au final bienveillant les uns envers les autres. Surtout les différents personnages sont des ados qui sonnent vrais, qui ont subi des brimades ou non, qui en ont fait subir, chacun à un point de vue différent. Qui nous apprend qu’en murissant on peut changer et accepter les autres.

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Cette histoire m’a parlé. Elle a évoqué des choses pour moi et surtout les thèmes ont fait résonnance. La solitude du héros après avoir été un harceleur et être harcelé à son tour. Le poids des fautes, La culpabilité quand on est harcelé, le pardon, le manque de confiance dans les autres et sa reconstruction m’ont parlé. Plusieurs passages sont intéressants car on nous ne parle pas que des ados mais aussi des adultes qui justement peuvent laisser pourrir une situation sans réellement agir. Un comportement très japonais sur la honte face à l’handicap au sein de la famille ou de la société.

L’histoire est douce et surtout accompagnée d’un dessin juste et réaliste qui ancre l’histoire dans notre vie de tous les jours. Je passerais sur les couvertures que je trouve un peu trop banales voire un peu vilaine. D’ailleurs le coté un peu cheap m’avait fait un peu passé à coté de ce manga quand je l’ai vu en librairie. Mais La touche graphique est chouette, Yoshitoki Ōima donne une vraie âme et une douceur à son dessin.

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Une vraie claque pour commencer l’année. Un manga que je recommande. L’histoire est courte mais surtout elle est belle, touchante et surtout elle fait réfléchir sur soi, sur son comportement et sur ce qu’est l’amitié. Autant vous dire que je quitte à regret Shoya et Shoko après les avoir vu grandir durant leur année de terminale.

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