Trek de l’Annapurna, Népal– De Ledar à 5416 mètres

A la lumière du jour, nous nous réveillons, il est 6h. C’est notre quatrième jour de trek. Je me lève sans prendre de douche (toujours froide) mais en consommant rapidement mon petit dèj pour ce matin, nous partons pour le High Camp à 4800 mètres. Il me faut acquérir des forces.

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Dès que notre paquetage est prêt, nous voilà parti pour notre prochain palier : 4800 mètres soit la hauteur du mont Blanc. Le chemin n’est pas insurmontable durant les premiers kilomètres. Après une pause au base camp juste avant notre étape du jour, nous attaquons la dernière phase pour le high camp. Autant vous dire que ce n’est plus du tout une promenade de santé. Le chemin est abrupt, escarpé et difficile sur deux kilomètres, il nous faudra une bonne heure pour en venir à bout. Outre le manque d’air et un épuisement rapide, mon mal de tête reprend et tambourine mon crane. Mais après 1h30, nous franchissons les portes du High camp.

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Après notre joie d’être arrivés dans ce dernier lodge avant le sommet, nous nous installons. Ce lieu est une véritable pompe a fric. Tout est bon pour soutirer de l’argent aux trekkeurs présents. Notre dortoir composé de six lits. Il est humide et mal isolé. Nous dormirons habillés et surtout dans les odeurs de chaussures et les bruits de ronflements. Le camp possède une salle commune où tout le monde se presse pour se réchauffer. Vu que les chambres n’offrent aucun confort. La moindre nourriture, boisson ou autre sont payés au prix fort. Tu veux une couverture supplémentaire, tu paies, du wifi tu paies, de l’électricité, tu paies. Les toilettes sont immondes. Je me retrouve à faire mes besoins dans la neige tellement ce n’est pas possible d’aller dedans. Il faut savoir que les toilettes népalaises sont des toilettes à la turque. Autant vous dire qu’il faut avoir de bonnes cuisses et un bon équilibre. Je ne vous parlerais pas de la douche qui est inexistante.

Pour ma part, je suis au plus mal. Je me blinde de cachets contre le mal de tête ajouté à cela une diarrhée, je suis totalement dans le gaz. Je consomme mon poids en soupe à l’ail et en thé au gingembre pour vaincre le mal des montagnes. A moitié endormi, je tente de lutter car il m’est déconseillé de dormir.  Je tiens une forme olympique en somme.

Au final, je finis par me balader dans le camp pour m’acclimater au mieux et me préparer pour le lendemain. Cette promenade a du bon. Elle améliore ma santé et fait passer le mal de tête.

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Par contre que la journée est longue, nous passons notre temps à jouer aux cartes, à nous balader et à tenter de nous réchauffer. Dans le camp, il n’y a que la patience comme moyen de s’occuper. Nous discutons avec des Népalais, retrouver notre couple de français pour jouer aux cartes et rencontrons un couple de bourguignon trailers qui tente, lui aussi, le tour de l’Annapurna.

En fin d’après midi, la neige se met à tomber sérieusement. C’est un peu l’angoisse. Ce brusque changement de temps peut remettre en question notre ascension. Jusqu’à maintenant, nous avons eu un temps superbe , ensoleillé et dégagé parfait pour un trek sans réelles contraintes. Mais avec cette perturbation, nous n’avons plus de pistes visibles et surtout le chemin peut devenir impraticable. Après avoir harcelé notre guide, celui-ci reste confiant et nous fixe rendez vous à 4h du matin afin d’entamer l’ultime ascension.

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Evidemment, nous nous couchons tôt afin d’économiser nos forces et surtout tenter de nous réchauffer (Puis, il n’y a plus de lumière et on se les gèle dans la salle commune)

Le lendemain nous réveillons avant le réveil soit à 3h30. Excités par l’ascension qui nous attend mais surtout dans l’impossibilité de dormir dans des conditions correctes : le froid, le bruit et bien d’autres facteurs. Nous nous habillons chaudement pour cette dernière phase. J’enfile mon pantalon de montagne, des affaires chaudes, des gants et des lunettes de soleil ainsi qu’une lampe frontale. Nous démarrons le trek de nuit. Après un rapide petit dej, nous allons dehors comme une trentaine de personnes pour attendre le top départ. Le camp est pleins de trekkeurs et c’est clairement l’embouteillage. Entre les guides, les sherpas et les trekkeurs, il y a un monde fou dans le camp. Enfin la question que tout le monde se pose : Est ce que nous allons pouvoir partir? Car la neige de la veille a tenu et la poudreuse recouvre tout. Le chemin n’est plus visible et il faut refaire la piste. Après une consultation, un premier groupe, puis un second part. Nous suivons mais nous sommes rapidement bloqué. Le chemin est obstrué. Trop monde, pas de réel chemin et les moins sportifs sont vites bloqués à la moindre difficulté.  Nous finissons par attendre dans le froid grelottant en espérant repartir assez vite.

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Nous sommes en file indienne à attendre que les moins téméraires ou les moins préparés avancent. Nous sommes rapidement immobile. La neige rend bien plus difficile notre avancée sur le parcours. Au bout d’une demie heure, les sherpas et les guides prennent les devants pour créer la piste. Nous avançons au pas dans le froid et la neige. Au petit jour, vers 7 heures, la neige arrête de tomber rendant plus sympa notre avancée. Surtout le soleil se lève et dissipe le brouillard qui me brûlera le visage durant le reste de la montée. Nous arrivons à un premier refuge où l’essentiel des trekkeurs font une pause.

Notre petit groupe profite de cette pause générale pour prendre les devants et avancer. Mais cela signifie faire la piste et s’enfoncer dans la neige jusqu’aux genoux. Épuisant. Emy est increvable depuis le début du trek, elle avance à grand pas bouffant les mètres comme un bolide et prend la tète de notre expédition. Arno et moi tentont d’avancer malgré l’épuisement physique, le manque de souffle et la neige.  Chaque pas est épuisant, le souffle manque tellement que j’ai parfois l’impression de m’étouffer. De plus faire un pas puis un autre dans la neige est plus que dur. Je finis par laisser passer les sherpas ou d’autres personnes pour qu’elles forment le chemin.

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Au bout d’une heure, Alors qu’Arno et moi étions au bout de notre vie sur ce chemin sans fin, nous demandons à notre guide combien de temps il reste pour arriver. Il nous lance 45 minutes. Cela nous achève et nous démoralise. Nous ne voyons plus Emy depuis un moment mais il faut avancer. Nous reprenons la route pour faire ces 45  minutes restantes.

A peine dix minutes plus tard, qui déboule en criant que nous sommes arrivés : Emy! Tel un ange salvateur, elle nous donne la motive et nous sauve en nous annonçant enfin le passage de Thorung. Le somment enfin. Nous terminons les quelques mètres qui nous séparent des 5416 mètres. Nous pouvons souffler mais pas trop. Il n’est possible que de rester qu’une dizaine de minutes sinon nous risquons une syncope. Nous fêtons notre victoire, prenons les photos de circonstance et notre souffle. Nous profitons de cette victoire physique contre la montagne.

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Mais pas le temps de rester, nous devons engager la descente. Le trek continue.

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