Malevil – Robert Merle

Quand on vous parle de post-apo, de fin du monde, de survivalistes dans la pop culture, vous pensez : La route, Mad max, The walking dead voir Hokuto no ken. En effet il existe un large choix de BD, de films ou de livres sur le sujet. En général, cette vision est assez américaine. Les œuvres françaises sur le sujet existent mais ont bien moins de succès ou d’impact dans l’imaginaire commun. Pourtant la littérature française nous offre un livre primé adapté en film : Malevil.

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Le point commun à toute œuvre post-apo est d’évoquer la survie d’un groupe après une grosse catastrophe ou/et le déclin de l’humanité. Ce groupe va tenter de reconstruire un semblant de société humaine d’avant la catastrophe en abordant différents thèmes : l’organisation, quelles sont les menaces etc… Il est étonnant de voir que nos références sur le sujets sont américaines et au final peu vraisemblable dans une société aussi peu armé que la société française. Quand on y réfléchi à par l’arsenal de l’armée, il y a peu de chance que votre voisin soit sur-armé. C’est pourtant ce que dépeint Malevil de Robert Merle.

J’avais déjà lu du Robert Merle : la mort est mon métier. Roman glaçant sur l’ingénieur qui a mis en place la solution finale du régime Nazi. Le tout pensé en termes d’efficacité, de rendement et ingénierie. Puis on m’a prêté ce livre Malevil dont j’ai de vagues souvenirs du film sorti dans les années 70. Je l’avais surement vu à la télé mais rien de précis à part la scène de début [alors quoi comment cette scène…].

Ce livre que raconte t il ? Comme je l’ai dit c’est un livre de SF, de robinsonnade [ce thème existe], d’anticipation si nous étions en en 1975, dépassé aujourd’hui en 2020. Mais la thématique reste toujours actuelle.

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Pour le topo c’est simple. A la fin des années 70 une guerre nucléaire éclair rase la planète [Eclair, elle survient du jour au lendemain et se stoppe nette]. Dans le Périgord, un groupe d’hommes et de femmes réunit dans une cave pour discuter d’avenir électoral se trouve épargner par cette apocalypse. Ils découvrent un monde sans vie. Les question se posent sur comment survivre ? Quel est l’avenir de l’humanité ? Quel est leur avenir ?

Le cadre du livre se situe à la fin des années 70. Le livre a été écrit au début de la décennie. Dans le contexte de l’époque c’est tout à fait envisageable : la guerre froide, les armes nucléaires de plus en plus puissantes d’ailleurs la plupart des œuvres de pop culture post apo sont aussi du début des années 80. Nous sommes en pleine psychose du nucléaire et de ses risques.

Pour le fond, on retrouve toutes les questions que l’on déjà vu et déjà abordé dans des œuvres récentes dans le même genre. A la différence qu’on est en 1972 pour l’auteur et l’histoire se situe dans ce contexte.

Les héros vont se poser la question de comment s’organiser et survivre. Ici pas un héros des villes surarmés, pas de scientifiques ou de docteurs mais un personnage central, charismatique qui va rallier à sa cause les autres, ses amis : des paysans ou chasseurs. Le héros va prendre le rôle de père de la survie pour éviter le chaos. Ce héros est plus un paysan instruit et pragmatique qu’un super intello. Le plus intello du groupe est un thésard en géologie en stage chez le héros.

D’où le coté Robinson, nous ne sommes pas sur une ile mais les héros n’ont quasiment plus rien et il faut tout refaire. Surtout qu’ici le désolément est du à une guerre nucléaire. La première question est comment manger : organisation du rationnement, est ce que les terres sont encore cultivables, comment faire pour la cultiver ? Avec quels outils ? Comment s’organiser, comment se déplacer. Après la mise en place des éléments de survie, le grand classique est comment gérer la plus grande menace pour l’homme : Les autres hommes. Le groupe va s’organiser et devoir se défendre, assez classique aujourd’hui. Même ici le traitement est classique, le lecteur averti ne sera pas surpris.

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Là où le roman peut surprendre c’est sur deux thématiques qui sont peu abordées dans ce domaine, du moins dans les œuvres les plus connues : La reproduction de l’espèce humaine et animale et la religion.

La reproduction car nos héros ne sont que des hommes et réalisent qu’avec eux c’est la fin de l’humanité. Mais la découverte de survivantes en âge de procréer mais restant inférieure en nombre aux hommes va poser des questions sur la liberté de couple, le mariage, la monogamie etc… Au final des vraies questions sur la place de la femme dans cette société nouvelle. Je rassure à aucun moment il y a un asservissement des femmes dans le but de procréer, c’est plutôt du libre arbitre qui est choisi.

Pour la religion, nous sommes dans la France des années 70, la religion a un encore du poids dans les campagnes. Certes on nous livre un combat entre athée et religieux. La religion sert de ralliement des hommes pour le bien commun. C’est le poids de la majorité qui fait céder aux athées convaincus que la religion permettra d’avoir une base saine sans forcément y croire. Le concept est intéressant bien qu’il semble complètement désuet dans la France d’aujourd’hui. Mais c’est intéressant. La religion est plus vu comme une arme pour convaincre.

J’ai adoré ce livre qui se lit comme un carnet de bord du personnage central, le livre développe progressivement la mise en place de la survie, la relation avec les personnages et la découverte progressive d’autres humains. Tout est écrit à la première personne avec des correctifs d’un autre personnage qui permet d’avoir une autre vision des choses.

C’est superbement bien écrit, l’auteur Robert Merle sait faire monter le suspense, la tension et le doute. On se retrouve à lire vite pour savoir ce qu’il va se passer. Il y a des passages où, il m’était impossible de stopper ma lecture. C’est parfaitement écrit. C’est talentueux.

En tout cas si vous voulez lire autre chose durant cette période de confinement, ce roman de robinsonnade, d’anticipation des plus intéressantes, presque dans l’air du temps.

Jetez-vous sur Maleville de Robert Merle

Apparté : Un film existe datant des années 70 ais l’auteur l’a rejeté car apparemment il ne correspondait pas au message de son œuvre.

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