Enseignant confiné

Jeudi soir 12 mars à 20 heures, le président annonçait la fermeture des écoles, des collèges, des lycées et des universités. Ce changement inédit devait remettre en question la façon de travailler de tous les professeurs de France et Navarre.

salle vide

Durant tout le confinement, l’éducation nationale a du faire quelque chose d’inédit : faire cours à distance pour tous ses élèves. Nous n’avons plus les élèves en face à face et il faut assurer la continuité pédagogique coûte que coûte d’après notre ministre.

Dit comme ça, on imaginait des vidéos conférences avec des logiciels ultra performants vu que selon les dires de l’éducation nationale tout était prévu…. Evidemment, c’est de la Science-Fiction. Nous n’étions pas prêt, rien n’était prévu et nous n’avions aucune consigne. Enfin une seule : Démerdez vous et que sort nous soit favorable [je dois confondre… je ne suis pas sur que le ministre nous a dit  exactement ça]

Clairement à l’annonce du président, je devais imaginer comment j’allais poursuivre le programme pour préparer le bac sans prendre de retard. Pour rappel, au début le bac n’était pas annulé et vu qu’on a eu l’information bien tard [genre 4 semaines plus tard], j’ai fait comme beaucoup de mes collègues on a balancé la sauce en s’organisant dans l’urgence.

La principale question était de comment faire cours à distance? Perso, le mythe de prof en robe de chambre chez lui le café à la main faisant cours aux 3 élèves qui ont eu le courage de se brancher en direct, c’est mort. Puis avec quels matos, en tant qu’enseignant tu sais que les élèves qui vivent à Perpet la Galette vous avoir un réseau pourri, les autres qui n’ont pas d’ordi ou un téléphone portable voire pas portable. Autant vous dire que c’était l’impréparation totale. Free style.

Sur le moment de l’annonce, j’ai eu espoir que le lendemain, nous allons avoir consigne, ligne directrice, objectifs Sauf que… Le vendredi 13 mars, avant le confinement total, nous n’avons eu aucune consigne le matin. Quand j’accueille les élèves à 8h, je n’ai rien eu à leur dire. J’en sais autant qu’eux. J’ai appris en même temps qu’eux la fermeture des établissements. J’aurais imaginé un courriel préparé avec les consignes et surtout quoi dire, bah non que dalle, c’est débrouilles-toi.

Alors okay ! Je me suis débrouillé comme tous mes collègues. J’ai proposé un plan pour préparer le bac, ne pas prendre de retard et rassurer les terminales. Ce n’est pas forcément le plan ultime ou le meilleur plan mais juste une proposition comme des milliers de profs ont du proposé à leurs élèves. Bon, moins bon, impossible à mettre en place mais des solutions pour continuer le travail. Le discours se voulait rassurant : j’explique ce que je vais faire avec eux, comment on va continuer à distancer, comment on va procéder et surtout qu’ils vont passer le bac et qu’il n’y a pas de raison qu’ils ne l’ont pas si ils sont sérieux. 

J’ai la chance d’avoir que des terminales et des BTS, des élèves plus ou moins matures avec qui le travail à distance est plus facile à mettre en place que des primaires ou des collégiens. Pas besoin des parents. J’ai récupéré les mails de mes term et leurs numéros de téléphone des présents afin de mettre en place ma continuité pédagogique.

Le 1er weekend, Il y a eu des consignes tout le weekend souvent contradictoires, souvent improbables avec un Jean-Mi bien trop sur de lui. J’ai des cours qui ont été annulé la veille au soir pour le lendemain. Je devais avoir une réunion mardi, ce fut annulé au fur et à mesure des annonces ou des directives. Je ne savais qu’une chose, je ne savais rien [Jean Neige], je ne savais pas où j’allais et pourtant on me demandait d’assurer des cours dès le Mardi avec tout ce qu’il faut vu qu’on était prêt.

Mes premières journées de cours virtuels ont été des plus improvisé. J’ai utilisé Messenger, Discord, Whatapps, Gmail bref les GAFA me permettaient d’enseigner et de transmettre du savoir. Alors pourquoi ne pas utiliser les outils de l’éducation alors que Jean-Mi nous dit c’est ok, NOUS SOMMES PRETS ! Tout simple car les moyens institutionnels n’arrivait pas suivre et que dans la majorité des cas ne fonctionnait pas les premières semaines [Surprise..]. Le jour même du début du confinement les serveurs, les logiciels ont littéralement explosé en vol. Rien n’était prêt, les serveurs ne pouvaient pas résister à une connexion massive de l’ensemble des élèves français. Je n’étais pas surpris comme tous mes collègues. Nous ne connaissons que trop bien les limites de nos outils. Serveurs faibles, capacité des boites mails ridicules, interface trop vieille. Bref nous avons dû faire sans l’institutionnel durant deux à trois semaines car l’éducation nationale n’était pas prête. Et l’assumer aurait été bien mieux que de voir les hordes de parents découvrir dès les premiers jours ça allait vraiment compliquer d’assurer la continuité pédagogique.

L’avantage c’est qu’une de mes terminales avaient regroupés les infos d’une de mes classes, créée un groupe WhatsApp, bref j’ai plus compté sur mes élèves que sur le ministère. Nous étions prêt pour les 3 mois de confinement grâce à de l’improvisation et des idées faites au feeling. 

Malgré cette situation,  j’ai été agréablement surpris par mes élèves et parfois conforter dans la position de certains. Le sérieux des trois quarts de mes élèves est impressionnant. Les devoirs sont faits, les élèves sont réactifs, font le travail, demande de l’aide peut être même plus qu’a l’accoutumé. Ici nous avons un suivi individualisé via les outils numériques. J’ai créé des groupes mais certains me contactent en privé pour avoir une réponse à un problème, à un sujet ou pour expliquer une question. Il y a eu des bons avantages à cet enseignement.

Comme je l’ai dit, je suis avec des futurs étudiants, des élèves autonomes qui face à cette situation ont su ce prendre en main et ont réagi avec brio face à une situation où franchement l’institution ne les aidait pas. Le flou du bac et des examens pendant des semaines. L’annonce du contrôle continu sans aucune instruction ou information pour nous, où clairement les profs ont éteint le feu avec comme seule réponse : je ne sais pas, ça va être comme ça, oui tu peux avoir ton bac etc…. Encore une fois aucune communication avec sa base avant d’annoncer des choses aux français. Nous devons assurer le SAV sur la base d’aucune information. De ce côté-là c’est une catastrophe surtout quand le 1er ministre annonce le lendemain le contraire que ce notre ministre annonce la veille et que nous l’apprenons sur BFMTV.

D’ailleurs pour dire, certaines classes ou examens, je n’ai pas eu plus d’information que la télé. En BTS, aucun communiqué précis car les annonces pour les étudiants ne les concernent pas. J’ai eu l’information en lisant une brève sur France Info, c’est triste. Je ne le dirais pas assez que la communication entre les profs et leur ministère de tutelle a été et est une cata depuis la mise en place forcé d’un bac que personne ne veut.

Ce confinement n’a pas que cet inconvénient car mon principal problème ce sont mes élèves qui ont disparu. Car aux problèmes techniques va s’ajouter les problèmes liée au métier : les décrocheurs, les laisser pour comptes, les élèves en fracture numérique que l’on ne peut pas suivre que l’on ne peut pas aider car déconnecté ou déjà perdu dans le programme actuel. 

EN même temps, il n’y pas vraiment de surprise. C’est dur de le dire. Mais les élèves que nous avons perdu sont ceux qui subissent l’école où qui pense qu’un miracle aura lieu fin juin. Clairement les élèves qui nous donnent pas nouvelle ce sont les même qui sèchent, qui ne travaillent pas en cours et qui misait tout sur l’examen final [qui s’annonce le pire calcul de l’année]. Mais des élèves dont je n’ai aucune nouvelle se comptent sur les doigts d’une main au final. Après les pas très courageux, ceux qui arrivait toujours en retard qui n’ont plus le rappel du CPE où l’obligation de se rendre physiquement à l’école nous les avons perdu. Ce qui n’annonce rien de bon sur le bac, malheureusement pour eux. Car l’annonce du contrôle continu a condamné quasi automatiquement certains élèves. Celui qui 5 de moyenne à l’année avant le confinement n’a aucune change d’avoir son bac. Malheureusement pour lui.

Mais je retiendrai surtout le positif, les élève ont travaillé, essayé et ils font de leur mieux. J’ai certains élèves qui sont super et d’autres qui donnent des devoirs excellents. J’ai pu avancer dans mon programme sans perdre les trois quart de mes élèves. Leur travail est fait et leurs réponses sont bonnes. Alors il me manque le contact de la classe, les échanges, la participation, la vie de classe. Après sept semaines de cours à distance, je suis fatigué d’être devant mon pc, d’écrire des mails à 80 personnes de manière quasi journalière, de jongler d’une matière à une autre, d’un niveau à une autre pour répondre à truc ou à machin.

J’attends avec impatience le retour en classe. Pour moi, c’est là mon métier : enseigner, échanger avec mes élèves et transmettre du savoir, les aider et les encourager par leur envoyer des mails comme une newsletters commerciale.

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