Mes écrits de Fiction (et ceux des autres)

Mon essai d’écrire une histoire (longue et fictive)

J’écris sur ce blog depuis plus de sept années, à aucun moment je n’ai raconté une histoire fictive ou imaginé un petit conte, histoire de. J’ai toujours pris dans mon quotidien, mon vécu, mes questions pour base et m’en servir pour écrire une petite note de plus de 400 mots. J’ai beaucoup lu de blogs, regarder leur présentation et assimilé sans m’en rendre compte la méthode des autres rédacteurs de blogs.

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Cela me convenait parfaitement, j’aime cette façon d’écrire et c’est celle que je privilège car je parle de mes passions, j’échange sur ma façon de voir les choses, je parle de mon quotidien tout en faisant des références à mon univers imaginaire, je donne des surnoms à mon entourage. Ce blog reste un défouloir d’idées et de tentatives d’écriture sous des formes diverses. Même si vous ne vous en rendez pas compte parfois je tente autre chose dans la façon d’écrire, de présenter, dans l’articulation de mon article tout en alternant les genres entre les récits de voyages et les présentations de BD.

Puis régulièrement on m’a demandé d’écrire quelque chose de plus long, de fictif, des histoires. Certaines personnes aiment la façon dont j’écris. Honnêtement, les premières fois que l’on m’a dit, je m’en sentais pas capable. Articuler un roman, l’écrire, avoir des idées, tenir la distance, tout ces éléments me semblait insurmontable. Je ne trouvais pas de réponse aux questions : que raconter, que décrire, quelle base choisir? Puis mon entourage et en particulier mon double maléfique m’ont motivé à y réfléchir, du moins à y penser car c’est un créatif, un vrai [le mal est, par définition, créatif] .

Je me suis alors reposé ces questions du possible, de ce que j’aimerais raconter et aussi de ce que je peux raconter. L’histoire de François a émergé, de part mon vécu, mon expérience, de ce que j’ai lu, vu, de ce que j’ai échangé avec des amis, contacts, connaissances, ce que j’ai appris ou connu. J’ai commencé à écrire cette histoire, celle d’un prof de fac face à sa rupture et comment il va faire pour passer à autre chose entouré d’une bande de potes pour avancer.

Le premier jet de ces réflexions est “un simple regard”. Cette petite histoire courte qui sera au final le point de départ [ou conclusion] de la rédaction de mon long récit. Il m’a permis de mettre sur papier la base de mon univers.

Puis j’ai eu des retours mais c’est toi, c’est des potes. Oui, il y a une part de moi, il y a une part de mes potes, il y à une part de ma vie, quel meilleur support que ce que l’on connait : je décris des émotions, je décris des situations de la vie courante et pour ça j’ai puisé dans mes ressentis, dans ma façon d’agir ou la façon d’aurait j’aurai aimé agir. Le contexte est la vie de tous les jours, j’ai pris dans le réel pour le transposer à mon histoire. Des amis m’ont plus inspiré que d’autres, je fais des clins d’œil [car j’aime beaucoup le principe] mais à aucun moment c’est mon histoire personnelle, mon vécu. Il est bien différent de celui de François.

J’aurais pu choisir de tout garder pour moi et de faire le tour des éditeur. Mais je ne pense pas avoir le talent pour ça, je vois des gens talentueux écrire et galérer car c’est un monde extrêmement fermé. J’ai choisi d’utiliser le média de mon blog et de diffuser ce roman sous forme d’épisodes comme on pouvait le faire au 19ème siècle. J’aime cette idée. J’aime aussi penser que cela peut attirer l’attention d’une autre manière que le parcours classique de l’écrivain en devenir. Je ne dis pas que je ne tenterais pas ma chance de faire lire mon récit à d’autres mais cela me permet d’avoir des retours immédiats et de noter des correctifs pour une éventuelle version finale que j’aimerais sous format papier pour ceux qui le voudront et pour moi même comme un travail finalisé.

Si cela ne marche pas, ce n’est pas grave encore une fois j’écris pour moi et me faire plaisir. Mais aussi essayer de réussir un chalenge. J’avance à petits pas dans mon histoire, je prend possession de plus en plus des personnages et je commence à penser comme dans leur situation. J’ai déjà écrit environ 25% de l’histoire, mis un plan en place pour toute l’histoire. J’avance dans mon récit en sachant a peut près ce que je vais y mettre pour le moment et dire pour le moment. Puis viendra, je l’espère un jour où on me relira le tout et que je pourrais faire une V 2.0 augmentée mieux articulée, plus cohérente et plus passionnante.

Maintenant, il n’y a plus qu’a voir si l’histoire plaira, si la sauce va prendre pour ceux qui lisent et voir si je peux réussir à atteindre les 20 chapitres que je me suis fixé. En tout cas je me remercie ceux qui ont pris la peine de me lire et de faire des retours et surtout ma première lectrice dont l’avis est capitale et la seconde dont la retouche orthographique et son avis permet pour le moment d’avoir la version que vous lisez.

Allez les vacances approchent, je vais pouvoir reprendre mon écriture.

Si vous ne savez pas de quoi il s’agit, allez sur à ces liens.

Chapitre 3 : Un nouveau regard – acte 4

Quand mon appart ressemble à un lieu de vie et non à un dépotoir, je me pose à nouveau dans le canapé. Je regarde autour de moi. Mes yeux tombent sur le cadre de Marianna et moi… L’un des rares qui a survécu au coup de balais du début. Elle ne l’a pas repris… Je ne faisais plus attention… Je le regarde. Nous sommes tous les deux sur cette photo. Elle en train de rire, ses yeux noirs éclatant, moi à ses côtés la regardant avec un sourire. C’était le temps du bonheur, lors de nos vacances annuelles en Argentine pour voir sa famille. C’était il y a longtemps, c’était il y a un siècle. C’est le passé. Un souvenir. Un souvenir qui n’a plus raison d’être. Je me lève le saisi rapidement et le jette dans un des sacs poubelles encore ouvert. Je réfléchis…. Je dois aussi faire un ménage plus profond. Evacuer tout ce qui représente Marianna, nos souvenirs, les preuves de notre bonheur, de notre couple afin que je n’ai pas à vivre dans un monde de souvenirs, de me rappeler de tous ces moments.

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Je me lève et commence à pister les photos, les objets, les éventuelles breloques de notre couple laisser ici et là dans notre appartement… Je les mets dans un même sac poubelle… Au bout d’une demi-heure, j’ai mis tout ce que j’ai trouvé dedans. Je regarde nos 6 ans de relations enfouis dans ce sac… Est-ce que je dois vraiment tout jeter, tout me débarrasser. Cela fait partie de moi… Je me pose un peu, je me mets à réfléchir… Je n’ai pas encore le courage de tout jeter. Je vais chercher un carton et mets le sac dedans. Les objets physiques ayant disparu, je m’occupe de l’immatériel. J’allume mon ordi et saisis une clé USB. Je mets toutes les photos, souvenirs, sur cette clé. Une sorte de graal, de porte ouverte sur notre ancienne relation. Quand tous les fichiers ont disparu, je jette la clé dans le carton rejoindre les autres souvenirs. Je le ferme avec du sotch comme pour le sceller définitivement. Toute ma vie de couple est dans ce carton. Six ans, ce n’est pas bien grand en fait…. Il est déjà 19 heures… une journée à ranger mes souvenirs ou du moins à m’en débarrasser…Je ne suis pas peu fier de mon travail.

Mon portable sonne. Richard.

– « Oui, qu’est-ce que tu veux ? »

– « Tu te laves, tu sens bon, j’arrive chez toi dans une heure. »

– « qu’est ce… Pourquoi ? Qu’est ce que tu veux faire »

– « Marie-Emilie fait une soirée, Marion n’est pas là ce soir, Guy nous rejoint, nous y allons ensemble, je te sors, on va voir des gens, et surtout des filles. Il faut que tu te bouges »

– « mais attends … »

Je n’ai pas eu le temps de finir. Il a raccroché. Il a peut être raison. Allons voir le monde.

Chapitre 3 : Un nouveau regard – acte 3

En même temps, j’ai passé des soirées entières avec Guy, Richard ou Louis à me remémorer, revoir, reparler, ressasser ma vie avec Marianna. En face, le discours était le même : ferme et sans concession : « laisse tomber », « oublie-la », « il faut avancer François ». Avancer, ce n’est pas une si mauvaise idée. J’ai 34 ans et je suis là dans mon canapé à fumer des clopes à regarder l’écran noir de ma télé dans la pénombre de mon salon… Mais qu’est ce que je fous. Non mais vraiment qu’est ce que je fous. Pourquoi j’attends ? Qu’est ce que j’attends ? Qu’est ce que je veux, putain de merde ?

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J’ai passé toutes ces semaines à essayer de comprendre pourquoi elle était partie… A quoi bon, elle est partie. Point. J’ai demandé des explications, j’ai essayé de comprendre, j’ai demandé s’il y avait quelqu’un d’autre, j’ai demandé tout et n’importe quoi, j’ai demandé pourquoi ?? Les réponses étaient différentes d’une rencontre à l’autre, elles étaient convaincantes ou pas du tout. Mais elles étaient du même matériau : c’était fini. Alors j’essayais d’accepter, d’avoir un regard nouveau, différent sur ce que j’ai appris, ce que j’ai tiré de ces semaines de léthargie.

Ce matin, je constate que je n’ai rien appris, je n’ai ni avancé ni reculé, j’ai regardé ma vie s’arrêter. La femme de ma vie, où celle que je considérais comme telle était partie. C’est humain de vouloir comprendre mais la seule chose à comprendre c’est que sa vie et la mienne se feront sans l’un ni l’autre. Nous étions arrivés à une croisée des chemins. Il était temps de se séparer, de se quitter de continuer la route seule…Simplement que je ne partageais pas cette vision des choses ou je ne l’acceptais pas, pas encore.

Je fais ce constat à 10h du matin un samedi de vacances. Avachi sur mon canapé, un chat qui ronronne tout en se blottissant contre moi …. Il faut que je me bouge un peu, que je me réveille, cela ne peu plus continuer puis penser et repenser à mon passé, ne me fera pas plus bouger. Il est temps de faire du tri, de passer à autre chose.

Je me relève, décidé. Le chat sursaute de mon mouvement brusque. J’écrase énergiquement ma clope dans le cendrier qui déborde de tabac et de mégot. Je le saisis et part dans ma cuisine. La vaisselle en partie propre et en partie sale est là. Marie-Emilie malgré ses passages n’a rien pu faire de mieux. Ce n’est pas grave je me reprends en mains il faut que je me bouge. Je vide mon cendrier dans un sac poubelle. J’entame un grand ménage. Je jette tout ce que je trouve sur mon passage passant de pièce en pièce, ramassant ici et là le bordel à demi organisé de mon appart. J’enchaine avec la vaisselle, ramasse mon linge, je ne trie ni ce qui est sale ni ce qui est propre. Tout part directement dans la machine à laver, les lessives s’enchainent. Au bout de trois heures, mon appartement ressemble à une penderie géante où se dégage une odeur mêlant la javel du sol et la lessive des vêtements. J’en profite pour aérer. Je suis toujours en caleçon à me balader à droite et à gauche. Pistant la moindre trace de salissure ou d’objets non rangés.

Je me soulage l’esprit m’oubliant dans les tâches ménagères. Je ne sais si cela est une bonne solution mais durant un moment j’ai l’impression de faire le ménage aussi dans mon esprit.

Chapitre 3 : Un nouveau regard– Acte 2

De mon côté, au-delà de mon apparence physique, je vis comme un zombie ne me levant que pour aller à l’université en tentant toujours plus d’improviser mes cours, m’habillant avec les premiers vêtements trouvés. Je n’ai aucune joie à travailler mais il faut bien manger et payer les factures comme on dit. Je ne pouvais pas m’arrêter. Puis cela me permet de penser à autre chose, de voir autre chose, de me vider la tête comme si je m’interdisais de penser ou de réfléchir.

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Entre temps, j’avais mis en vente l’appartement, je ne voulais plus vivre dans ce lieu empli de souvenirs, empli de nous, de nos rires, de nos parties de jambes en l’air, de nos poursuites en sous-vêtements, de nos jeux, nos cris, de nos joies, de nos peines…. Il y a trop de nous ici. Je dois partir pour avancer. Enfin c’est ce que je me dis, du moins j’essaye de me convaincre.

La présence de mes amis a été omniprésente durant ces deux mois. Cela m’aide beaucoup, je me suis raisonné progressivement à essayer d’oublier Marianna, qu’il me faut repartir mais je suis dans la boue jusqu’à la taille et ma progression est lente, très lente. Le moindre message, la moindre évocation de Marianna me fait plonger dans le doute. Pourtant durant tout ce temps, Guy est passé régulièrement sauver mon appart du naufrage hygiénique, Marie-Emilie m’a fait des lessives, Louis ou Gaspard venaient manger à la maison avec moi pour ne pas me laisser seul. J’ai l’impression d’être sous assistance respiratoire depuis deux mois. En même temps, je n’arrive qu’à lutter difficilement face à ces souvenirs qui semblent m’attirer dans les profondeurs de mon passé. Mon présent me met des claques régulièrement pour me réveiller et éviter de chuter.

Au fil de mon raisonnement, j’ai décidé il y a quelques semaines de ne plus voir Marianna. Juste pour régler les détails que l’on pouvait régler autrement. Chaque fois que je la voyais, je mettais des jours à m’en remettre. Je ne le fais pas contre elle mais pour moi, pour m’aider. Tous mes amis le savent et Gaspard fait tout pour me faire oublier ces mauvais moments essayant de m’entrainer dans ces soirées histoire de rencontrer de nouvelles têtes, de voir des gens bref apprendre à passer à autre chose. Mais jusqu’ici j’avais refusé trouvant un prétexte toujours plus ou moins obscur.

Au final, c’est là mon problème, je n’arrive pas à passer le pas, je n’arrive pas à passer à autre chose. Je suis ce mec qui attend le bus alors que la ligne est fermée depuis des mois. Il faut que je réagisse. Je me pose dans mon canapé où traine un carton de pizza à moitié mangé par le chat. Je m’assoie et je regarde autour de moi. Quelle désolation. Malgré les efforts de mes amis, mon appart n’est qu’un foutoir sans nom. J’ai l’impression de vivre dans un squat dont je suis le propriétaire. Dire que j’ai mis en vente cet appart…. Si une personne passe pour l’acheter…. C’est qu’il a un sacré pouvoir de projection. Je me calle dans mon canapé, m’allume une cigarette, la première du matin. Je prends le temps de la fumer, elle amorce ma journée… Une journée de vacances…. La première depuis ma rupture…. Pas de cours à préparer, pas de correction à faire… pas de réunion à la fac… Je pourrais rester là à dépérir comme je le fais depuis des jours, des semaines. Mais mon esprit semble être ailleurs. Il semble constater les dégâts et me dire que oui Marianna ne reviendra pas, qu’il serait peut être temps de se reprendre, que ce que je fais ne sert à rien, que je ne vis plus, que j’attends le retour de choses mortes et enterrées.

Chapitre 3 : Un nouveau regard – acte1

Mon réveil sonne, comme tous les matins pour me forcer à aller au travail mais aujourd’hui c’est Samedi. Nul besoin de se lever. Depuis le départ de Marianna, deux mois se sont écoulés. Le temps a filé jusqu’aux vacances d’automne… Je n’ai pas cours et c’est le premier jour des vacances. J’ai encore oublié d’éteindre le réveil pour qu’il évite de me réveiller. Enfin me réveiller, un bien grand mot. Mes nuits n’ont pas été des meilleures depuis ma rupture. Elles se sont justes allongées au fil du temps par manque de sommeil en raison de l’épuisement ou la fatigue. Chaque soir, je ressasse les mêmes questions, les mêmes évènements et à force de ne pas dormir, je m’écroule pour plonger dans un profond sommeil. Mon corps ne tient pas. Mes nuits sont noires, sans souvenirs.

Cette nuit encore, j’ai dormi d’un sommeil de plomb. Sommeil brisé par la voix de France info qui annonce les différentes mauvaises nouvelles. Je n’arrive pas à me rendormir. J’ai les yeux grands ouverts en direction du plafond à me demander ce que je vais faire de ma journée. Seul ou avec la visite impromptue de l’un des amis qui m’empêche de me terrer dans mon appartement. Je tourne et je retourne dans mon lit, j’occupe les 160 cm de largeur du lit. Depuis peu, j’ose enfin dormir de l’autre côté du lit, cette zone interdite durant les premières semaines. Je me réapproprie progressivement l’espace laissé vacant par Marianna. Le chat me saute dessus ce qui parachève de me pousser hors du lit.

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De toute manière, je n’ai rien à faire dans mon lit. J’ouvre les rideaux, la lumière rentre dans ma chambre, je plisse les yeux, je ne suis pas habitué à ce soleil d’automne. La chambre est un vrai foutoir, mes vêtements jonchent le sol, propres ou sales mais malgré cette désorganisation, elle semble plus vide, moins de cadres, pas de vêtements féminins, pas de maquillage qui traine. La pièce a été vidé de toute présence féminine quelle qu’elle soit. J’avance un peu au radar évitant ici et là des pantalons ou des t-shirts, trainant des pieds pour aller à la salle de bain.

Mon visage apparait dans le miroir enfin ce que l’on peut apercevoir derrière ma barbe que je n’ai pas rasé depuis des semaines. Mes cheveux bruns tombent sur mes yeux, on voit à peine leur couleur verte. J’ai le visage fatigué, j’ai maigri. Je me reconnais à peine en même temps, je n’ai pas vraiment envie de me voir, j’ai envie que personne ne me voit, je n’ai pas envie de me faire remarquer mais de me faire oublier, que l’on me laisse tranquille. En arborant ce look de viking mal défraîchi, je pense m’assurer ma pleine sérénité et ma tranquillité. Qui approcherait un gars comme moi. Je veux rester seul avec moi-même

Ces deux derniers mois n’ont été qu’un enchainement de laisser-aller et de fin de cycle. Marianna est repassé pour récupérer ses affaires m’achevant un peu plus. Le moindre de nos contacts partant en cris et crise de rage, de colère. Nous nous détestons, nous ne nous supportons plus, la moindre parole n’est que violence. Est-ce de la haine ou de l’amour qui a mal tourné, je ne sais pas mais je veux plus la voir, je ne veux pas être à son contact pourtant elle est toujours présente dans ma tête entre souvenirs heureux et une haine profonde liée à son départ pour un autre ou une raison incompréhensible voire improbable qu’elle m’a fourni.

[Concours] Mes résultats du 2ème concours : Le texte qui gagne

Il y a plus d’un mois je vous demandais d’écrire une suite à mon histoire un simple regard [vite va la lire!!]. J’ai eu cinq réponses, cinq textes proposant une suite à cette historie. Voici la suite que nous a donné Valérie :

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Il est 11H…J’ouvre un œil, je me sens bizarre, mon corps est engourdi comme si j’avais pris une énorme cuite.

Je suis chez moi, seul, nu dans mon lit.

J’aperçois dans le couloir, mon boxer ainsi que mon jean de la veille.

Des flashs me reviennent en mémoire.

Ce regard qui me pénétrait, une tâche de naissance à côté de son nombril qui ondulait, la chaleur de sa peau contre la mienne, nos deux corps qui s’emboitent au même rythme, ses seins qui se dressent sous mes baisers… C’est elle qui m’a enivré.

Je me lève, il n’y a aucune trace de son passage dans mon appartement et maintenant se sont les questions qui envahissent mon esprit.

– Pourquoi n’est-elle pas restée ? Pourquoi n’a-t-elle pas laissé un message ?

Ma fierté masculine m’empêche de lui en envoyer un.

Je décide d’appeler Richard mon meilleur pote pour avoir son avis sur la situation. Il me propose d’aller boire un café en ville, ce qui est une excellente idée puisque je n’ai rien pu avaler depuis que je suis debout.

Je lui raconte cette fille, cette claque qu’elle m’a mis, il comprend mieux pourquoi je suis resté dans le bar hier soir, ce qui le fait sourire.

– Tu sais François cette fille c’est Ta « Dame Blanche » 

– Ma quoi ? 

– La «  Dame Blanche » est une légende que mon père m’a racontée. C’est une femme que tous les hommes qui ont eu le cœur réellement brisé rencontrent afin de les remettre en selle.

– Tu te fous de moi ? 

– Non je t’assure cette femme est à tomber par terre, elle t’offre ta plus belle nuit de sexe et s’en va comme elle est arrivée, sauf que l’homme qu’elle a choisi va reprendre confiance et de nouveau envisager une relation amoureuse.

-Ah bon.

Je suis septique mais en y réfléchissant depuis que je me suis levé je n’ai plus cette sensation d’avoir le cœur comprimé comme dans un étau, j’irai même jusqu’à dire que je me sens léger, je n’avais pas ressenti cela depuis des mois et cela fait un bien fou.

Je dois repartir mais ma discussion avec Richard ne quitte pas mon esprit.

Je marche d’un pas léger, remarque cette femme qui me regarde et me sourit, je me surprends à lui sourire en retour.

Cette fois je ne me sens pas agressé ou en colère parce qu’une fille me trouve à son goût, c’est même agréable.

Cette légende serait-elle vrai ?

Mon cœur n’a peut-être pas cessé de battre…

L’avis de Léa, l’ancienne lauréate :

La dame blanche, alors là c’est une bonne idée. Même si la dame blanche pour moi est plutôt celle qui fait peur aux automobilistes au bord des routes, le concept de la fille qui te permet d’effacer la rupture et qui te fait avancer, qui est la parfaite transition pour la suivante c’est super beau. Et super vrai. Donc chapeau pour l’idée. Mais ça manque quand même d’un peu de substance. Trop court.

Notre avis :

Les moins : Nous avons trouvé le style très (trop) classique.

Les plus : Par contre et c’est ce qui fait gagné Valérie, c’est très original. Cette histoire de dame blanche est une très bonne idée. C’est inattendu et le récit reste cohérent avec lui–même et l’histoire de départ. Et la fin fait évoluer le personnage, l’histoire va de l’avant.

Bref pour toutes ces bonnes raisons, c’est Valérie qui gagne le lot qu’elle pourra dépenser comme elle le veut et comme elle le sent.

Encore merci pour les cinq participations, c’était encore très sympathique de vous lire. Nous avons passé un bon moment. Vivement le prochain concours.

[Concours] Mes résultats du 2ème concours : quatrième texte

Il y a plus d’un mois je vous demandais d’écrire une suite à mon histoire un simple regard [vite va la lire!!]. J’ai eu cinq réponses, cinq textes proposant une suite à cette historie. Voici la suite que nous a donné Laure :

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Et là, alors que le monde s’était arrêté de tourner, elle me lance:

– « Viens on va faire la fête! »

Je n’ai d’autre choix que d’accepter sinon elle va me prendre pour un vieux con ou un pervers en mal d’étudiantes… nous partons donc pour une soirée, un after chez un de ses amis, à deux heures du matin.

Pendant le chemin elle devient tout à coup plus froide, distante, se met à parler sans cesse de ses amis musiciens hipsters qui connaissent untel ou encore de son amie styliste qui fait des robes tellement belles et branchées mais pas mainstream parce que « tu comprends j’suis unique j’veux pas ressembler à tout le monde… »

Elle me perd dans son discours sans queue ni tête, inintéressant et futile. D’ailleurs ses yeux ne sont plus bleus mais ont viré vers le noir obscur.

Je ne sais pas où nous allons exactement mais la musique assourdissante me donne un indice: au milieu d’une petite allée se trouve une maison style haussmannien, des hurlements, plusieurs vélos fixie devant et quelques gouttes de champagne qui me tombent sur la tête m’indiquent que nous y sommes enfin. A l’intérieur des dizaines de personnes, les mecs se ressemblent tous: barbe, chemise boutonnée jusqu’en haut ou t-shirt loose, chaussures ultra-cirées, la mèche de cheveux impeccable. Quant aux filles c’est la même chose: robe style fifties, jean slim ou mini-jupe, elles ont toutes le même style, le même sac à main de marque, les mêmes attitudes pseudo-détachées et l’air lubrique.

Ma mystérieuse étudiante m’a planté là en me disant « prends-toi un verre, je vais voir des potes, si tu veux de la coke demande au mec avec le t-shirt vert »

Oui elle me plante là, au milieu d’une cinquantaine de personnes qui me dévisagent parce que trop vieux, pas assez hipster, et surtout complètement perdu. Une fille vient me voir, me prend par la main et m’emmène dans un coin de la pièce. Elle est plutôt jolie, grande, les cheveux châtains, des yeux noirs, une robe très moulante noire et un regard qui en dit long sur ses intentions. Elle commence à parler de son ex, de ses études de design, de son chien, de son prochain tatouage… et moi je ne l’écoute pas, je ne la regarde même pas: elle m’énerve prodigieusement. Et puis je vois bien qu’elle a bu, beaucoup bu, elle s’accroche à mon bras pour ne pas tomber (du moins c’est ce que je pensais) et essaie de m’embrasser. Je la repousse gentiment en lui expliquant que je cherche une autre jeune femme avec qui je suis venue mais visiblement elle s’en fiche et recommence à me faire du rentre-dedans pas du tout subtil.

Je cherche dans tous les coins ma mystérieuse inconnue, je demande aux gens qui sont là mais ils n’écoutent rien et me parlent du dernier groupe découvert par le magazine Tsugi ou Magic et j’en ai absolument rien à fiche. Je vais dans toutes les pièces, je demande au mec au t-shirt vert qui a de la coke, à une bande de filles en train de glousser, au mec tout seul dans le canapé mais rien… personne ne l’a vue, personne ne se souvient d’elle, tout le monde s’en fout en fait. Moi qui n’aie bu que deux bières je les regarde se transformer en animaux imbibés d’alcool et de drogues, hurlant sur la musique.

Et puis je me décide à partir, d’un coup, dépité par cette soirée ratée. Je tente de la joindre par messagerie mais rien, silence radio. Il est trois du mat’ et je rentre chez moi, dans le doute le plus complet.

Pourquoi m’a-t-elle dit de venir avec elle? Pourquoi m’avoir planté là? Pourquoi avoir disparu?

Je jette mes fringues par terre, me fume une dernière clope et m’endors sur le canapé.

Le lendemain matin je reçois un message: c’est elle. Elle que j’ai attendu, désirée, imaginée.

« Désolée pour hier j’ai revu mon ex »

Je ne lui réponds pas, il n’y a rien à répondre à cela… toute la matinée je traîne dans mon appart, me repassant en boucle cette scène: ce magnifique regard. C’était en fait une illusion.

Toute l’après-midi je glandouille sur mon canapé à regarder de mauvaises séries B d’action en mangeant des céréales, mon chat blotti sur mes genoux.

La sonnette retentit. Bizarre je n’attends personne. « C’est moi! » réponds une petite voix féminine à l’interphone. Je réponds naïvement « c’est qui? ». « C’est Alicia, neuneu ».

J’avais complètement oublié qu’elle devait passer me rendre plusieurs bouquins d’économie et des mangas. Alicia est une copine, enfin une connaissance rencontrée par des amis avec qui j’ai tout de suite sympathisé. Elle est spontanée, directe mais ne m’a jamais témoigné aucun intérêt…pourtant elle me plaît depuis le début mais moi non plus je ne lui ai jamais témoigné mon intérêt pour elle.

Elle s’installe sur mon canapé et me dit « alors cette soirée d’anniversaire hier? Raconte-moi! »

Elle ne va pas être déçue.

L’avis de Léa, l’ancienne lauréate :

C’est mon préféré même si je n’ai pas été embarquée à 100% (un peu trop de clichés sans doute) mais au moins tout a été respecté. La suite est clairement dans le même style d’écriture que les nouvelles du blog, il y a une progression dans le récit et surtout la fameuse chute, celle que j’aurais sûrement imaginé aussi, que la bonne personne est souvent quelqu’un que l’on avait sous son nez depuis le début. Donc bravo pour ça.

Notre avis :

Les moins : Alors ce qui est rigolo, c’est que nous ne l’avons pas du tout senti comme Léa. Nous avons trouvé que la suite de l’histoire n’est pas cohérente avec le début du récit. On sent une volonté d’un changement de direction qui efface tout le début.

Les plus : Par contre, nous avons trouvé ça original, amusant et bien décalé ce qui rend cette histoire bien sympathique.